‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 304 sur 351 · MM. de Morstein père et fils · texte numérisé non relu

MM. de Morstein père et fils

(Page 324.)

9 janvier 1693. — Ce M. de Morstein, qui n 'étoit pas un homme fort

1. Faut-il a supérieures substituer supérieurs? ou entendre : « ces trois lettres-là, les lettres de ces trois-là étaient si supérieures (en impertinence) » ?

qualifié, mais adroit, insinuant, et de ces gens propres à faire fortune, avec un extérieur qui n'inspire point de défiance, avoit été fort accusé de malversations, et s'étoit jeté dans le parti contraire à la maison d'Autriche, qui, par le dépit de la reine de Pologne dont il a été parlé', étant devenu supérieur, entreprit ce grand trésorier, qui trouva plus court de sauver ses richesses et sa personne en France, que de lutter contre si forte partie; il étoit en effet extrêmement riche. Il aima mieux passer le reste de sa vie en France avec sa femme, fort peu considérés. Son fils, qui avoit beaucoup d'esprit, de savoir, de valeur et d'envie de faire, avec une piété à la mode en ce temps-là, s'étoit intimement attaché dans la suite à Monsieur de Cambray, qui fit son mariage avec une fille du duc de Chevreuse, dont on s'étonna beaucoup. Il n'avoit ni frères ni sœurs, et réunissoit le sujet avec les richesses. La fille unique du premier lit de l'auteur de ces Mémoires épousa le fils aîné du même duc de Chevreuse. Tout cela se retrouvera dans les suites de ces Mémoires.

124. Démonstration de V armée au retour du maréchal de Lorgc.

(Page 334.)

27 septembre 1695. — Les illuminations, les feux de joie, les tables publiques des officiers, en un mot les démonstrations les plus touchantes et les plus extraordinaires, accompagnèrent, trois jours durant, le retour du maréchal de Lorge à son armée, dont il ne put jamais modérer l'éclat.

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