Gagnée le 1^ juillet
8. Gagnée le 3 août 1692. La relation adressée au Roi par le duc de Luxembourg lui-même fut imprimée et rendue publique.
9. L'espion de M. de Luxembourg ayant été arrêté dans la secrétaireriemême de Guillaume, celui-ci le força d'écrire à son maître que tous les mouvements qui se feraient dans la nuit n'auraient d'autre but que de couvrir un grand fourrage. En conséquence de cet avis, M. de Luxembourg ne crut pas nécessaire de bouger, et le prince d'Orange put le surprendre de tous les côtés à la fois ; mais l'activité du général et la bravoure de son infanterie eurent bientôt rétabli les choses en faveur
enfin après celle de Nerwinde, qui ne valut que Charleroy1, que M. de Luxembourg se crut assez fort pour entreprendre tout de bon ce procès de préséance. L'intrigue, l'adresse, et, quand il le falloit, la bassesse, le servoit bien. L'éclat de ses campagnes, et son état brillant de général de l'armée la plus proche et la plus nombreuse lui avoit acquis un grand crédit. La cour étoit presque devenue la sienne, par tout ce qui s'y rassembloit autour de lui, et la ville, éblouie du tourbillon et de son accueil ouvert et populaire, lui étoit dévouée. Les personnages Ruses de m. de de tous états2 croyoient avoir à compter avec lui, surtout Luxembour§depuis la mort de Louvois, et la bruyante jeunesse le regardoit comme son père et le protecteur de leur débauche et de leur conduite, dont la sienne, à son âge, ne s'éloignoit pas 3. Il avoit captivé les troupes et les officiers généraux; il étoit ami intime de Monsieur le Duc, et surtout de M. le prince de Gonti, le Germanicus4 d'alors; il s'étoit initié dans le plus particulier de Monseigneur, et enfin il venoit de faire le mariage de son fils aîné avec la fille aînée du duc de Chevreuse5, qui, avec le duc de Beauvillier, son beau-frère, et leurs épouses, avoient alors le
dé l'armée française, et plusieurs fautes des ennemis assurèrent la victoire à Luxembourg. Voyez les récits de Feuquière, Larrey, Quincy, etc.
1. Voyez tome I, p. 262 et 263. Mme de Sévigné écrivait, au lendemain de Nerwinde : « L'armée du prince d'Orange n'est plus en corps; elle est par pelotons en divers endroits, et M. de Luxembourg peut, s'il veut, marcher vers Bruxelles, sans que personne l'en empêche. » (Lettres, tome X,p. 149.)
2. On citait parmi ses familiers les personnages les plus divers : Albergotti, Cavoye, Racine, Clermont-Chastc , l'intendant de Bagnols, d'Estaing de Saillant, etc. Voyez le Chansonnier, ms. Fr. 12 691, p. 352.