Voyez la suite des Mémoires, tome XII, p
pouvoir servir. U fit offrir par les trois premiers à M. de Richelieu une excuse verbale, avec la suppression entière de son factum, à condition de celle de la réponse.
M. de Richelieu, prié de se trouver chez Monsieur le Prince avec les ducs de Chevreuse et de Beauvillier, y fut prêché plus d'une fois sans se vouloir rendre, tandis que sa réponse couroit de plus en plus et qu'il la faisoit distribuer à pleines mains; et à la fin se rendit. Là fut réglé comment la chose devoit se passer. M. de Luxembourg, à jour et heure marquée, rencontra M. de Richelieu chez le Roi, dans un de ces temps de la journée où il y a le plus de monde. Il s'approcha de lui et lui dit ces propres termes : qu'il étoit très-fâché de l'impertinence du1 factum publié contre lui, qu'il lui en faisoit ses excuses; qu'il le supplioit d'être persuadé qu'il l'avoit toujours fort estimé et honoré, et le faisoit encore, ainsi que la mémoire de M. le cardinal de Richelieu ; qu'au reste il n'avoit point du tout vu cette pièce ; qu'il châtieroit ses gens d'affaires, auxquels il avoit toujours soigneusement défendu toutes sortes d'invectives ; qu'enfin il avoit donné ordre trèsprécis pour la faire entièrement supprimer*. M. de Richelieu, vif et bouillant, le laissa dire, et lui répondit après quelques honnêtetés entre ses dents, qu'il finit par une assurance mieux prononcée qu'il feroit aussi supprimer sa réponse. Elles le furent en effet de part et d'autre, mais après que M. de Richelieu nous en eut donné à nous3 tous, et à notre conseil, à ses amis, à pleines mains, et surtout aux bibliothèques.
En même temps, l'honnêteté et la bienséance fut un peu rétablie entre M. de Luxembourg et nous. Je fus surpris d'en recevoir le premier de demi-révérences ; j'y répondis par d'entières, qui l'engagèrent à me saluer désormais à