En qualité de premier pair ecclésiastique
2. Selon Dangeau (tome V, p. 6), l'archevêque répondit au Roi « qu'il se tiendroit honoré de passer après M. le duc du Maine, » et parla « si sagement et si honnêtement, » que le Roi se montra fort content de lui. Le Journal ajoute : « Il y a quelques ducs qui se sont plaints de l'archevêque, et qui ont dit qu'il vouloit tirer auprès du Roi tout le mérite de leur obéissance en cette occasion ici. »
3. Nous pouvons rétablir le texte de cette lettre d'après la minute autographe et les exemplaires qui se trouvent encore dans les papiers de l'archevêque (Bibl. nat., ms. Fr. 6904, fol. 231-240) : « A Marly, ce vendredi 7 mai. — Le Roi m'a commandé, Monsieur, de vous avertir que Mgr le duc du Maine sera, demain matin, reçu pair de France au Parlement, et qu'il y prendra sa place immédiatement au-dessous de Messeigneurs les princes du sang. S. M. m'a chargé en même temps de vous faire savoir par ce billet qu'elle sera bien aise que vous vous y trouviez. Je suis, Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur. L'ar. duc de Reims. » D'après une note de la main de l'archevêque, cette lettre dut être envoyée à l'évêque de Langres et aux ducs de Guémené, de la Trémoïlle, de Richelieu, de Chevreuse, de Chaulnes, de la Rochefoucauld, d'Estrées, de Foix, de Beauvillier, de Gesvres, de Choiseul, d'Aumont, de Charost, de Rohan et de la Force. Monsieur de Laon était malade, ainsi que le duc de Coislin; le duc de Bouillon était absent.
4. Notre auteur, faisant cette remarque sur la place du Monsieur,
Monsieur le Duc et M. le prince
de
Conti mènent
M. du Maine
chez M"
du Parlement.
du Maine sera reçu au Parlement le 8 de ce mois de mai, en qualité de comte-pair d'Eu, et qu'il prendra sa place au-dessous de Mrs les princes du sang, et au-dessuf de Mrs les pairs. Sa Majesté vous prie de vous y trouver, et m'a chargé de vous assurer que cela lui fera plaisir, et qu'elle vous en saura bon gré.
« Je suis, etc. »
Les présidents à mortier et les présidents et doyens des conseillers de chaque chambre1 furent avertis de se trouver chez eux le 5 mai, et à peu près de l'heure, pour recevoir la sollicitation de M. du Maine. Ce jour-là, arrivé de Versailles à l'hôtel de Condé2, il y monta dans le carrosse de Monsieur le Duc, avec M. le prince de Conti, tous deux au derrière, et lui3 au devant, avec M. le comte de Toulouse, qui étoit compris dans la même déclaration, comme duc de Dam ville, mais qui ne fut pas reçu en même temps4. Ce carrosse étoit fort chargé de pages et environné de laquais à pied. Suivoient les carrosses de Monsieur le Duc et prince de Conti, de M. du Maine et de M. le comte de Toulouse, dans lesquels étoient les principaux de leur maison, avec force livrée, chacun un seul carrosse, excepté Monsieur le Duc, qui, outre celui dans lequel il étoit, en avoit un autre rempli des3 principaux de chez lui. Ils firent ainsi leurs sollicitations deux jours de suite, et allèrent de
copie ainsi, sans ponctuer, le début de la lettre : « Mr (en teste) le Roy m'a ordonné.... » C'est, du reste, une inexactitude, comme le prouve le texte original, cité dans la note précédente.
1. Il y avait neuf présidents à mortier, qui faisaient le service de la grand'chambre et des deux tournelles, et deux présidents pour chacune des cinq chambres des enquêtes et des deux chambres des requétos.