‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 9 sur 351 · Le mot terre commence par un t substitué à un d · texte numérisé non relu

Le mot terre commence par un t substitué à un d

5. C'est-à-dire mise en vente par autorité de justice , à la requête des créanciers.

6. Jacques de la Fin de Salins, seigneur de la Fin et de Beauvoir-la- Nocle, conseiller d'État, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances, frère cadet de l'ambassadeur Beauvoir-la-Nocle.

7. Charles de Gontaut, créé duc de Biron en 1598, amiral, puis maréchal de France, chevalier des ordres, gouverneur de Bourgogne, ambassadeur extraordinaire, etc., fut décapité le 31 juillet 1602, pour crime de conspiration avec la Savoie et l'Espagne. Ce fut le vidame de Chartres, dont il va être question dans une des notes suivantes, qui amena son oncle la Fin à trahir le maréchal.

sa fidélité qu'il fut cause de sa perte1. La proximité de Saint-Germain et de Versailles2, dont la Ferté n'est qu'à vingt3 lieues, fut cause de cette acquisition *. G'étoit ma seule terre bâtie, où mon père passoit les automnes. 11 avoit fort connu Monsieur de la Trappe5 dans le monde ; il y étoit son ami particulier, et cette liaison se resserra de plus en plus depuis sa retraite si voisine de chez mon père, qui l'y alloit voir plusieurs jours tous les ans. Il m'y avoit mené. Quoique enfant, pour ainsi dire, encore, Monsieur de la Trappe eut pour moi des charmes qui m'attachèrent à lui, et la sainteté du lieu m'enchanta. Je

1. Voyez les Lettres missives de Henri IV, tome V, p. 625, 626, etc.

2. Le château de Saint-Gerraain-en-Laye était la résidence ordinaire de la cour depuis François Ier; Versailles, acquis tout récemment, en 1624, n'avait pas encore l'importance que lui devait donner Louis XIV.

3. Saint-Simon dit plus loin (p. 120) qu'il y avait vingt-quatre lieues de la Ferté à Paris. Aujourd'hui, on compte cent vingt-quatre kilomètres ; ces lieues de Saint-Simon sont donc, non des lieues moyennes d'autrefois, mais de grandes lieues de plus de cinq kilomètres.

4. Jean de la Fin de Beauvoir-la-Nocle, connu pour son rôle actif dans les guerres de religion et sous le règne d'Henri IV, était devenu maître de la châtellenie de Beaussart, dont la Ferté-Vidame faisait partie, par son alliance avec la cousine germaine du dernier vidame de Chartres de la maison de Vendôme, mort en 1560. Ce fut sur les créanciers de son fils Préjan de la Fin, vidame de Chartres, et non sur ceux de Jacques de la Fin, que Claude de Saint-Simon acquit les deux terres en 1635, comme il est dit dans l'appendice n° II du tome I.

5. Armand-Jean Bouthillier de Rancé, baptisé à Paris le 9 janvier 1626, était un cousin germain de ce Chavigny dont Saint-Simon a longuement parlé. Chanoine de Notre-Dame de Paris dès l'âge de dix ans, pourvu successivement de plusieurs prieurés, d'un canonicat à Tours et des abbayes de Notre-Dame-du-Val, de Saint-Symphorien de Beauvais et de la Trappe, reçu docteur en théologie en 1654, et devenu premier aumônier du duc d'Orléans, il quitta le monde en 1662, prit l'habit de Cîteaux et devint abbé régulier de la Trappe. Il se démit en 1695, et mourut le 26 octobre 1700. — Le nom de Monsieur de la Trappe, que lui donne Saint-Simon, rappelle les désignations épiscopales de cette époque : Monsieur de Paris, Monsieur de Reims, etc. On disait plus habituellement : Monsieur l'abbé de la Trappe. Sa signature était : Armand Jean, ab. de la Trappe. (Musée des Arofiives nationales, n°891.)

Procès de préséance de M. de Luxembourg contre

seize pairs

de France ses

anciens.

desirai toujours d'y retourner, et je me satisfis toutes les années, et souvent plusieurs fois, et souvent des huitaines1 de suite ; je ne pouvois me lasser d'un spectacle si grand et si touchant, ni d'admirer tout ce que je remarquois dans celui qui l'avoit dressé pour la gloire de Dieu et pour sa propre sanctification et celle de tant d'autres. Il vit avec bonté ces sentiments dans le fils de son ami ; il m'aima comme son propre enfant, et je le respectai avec la même tendresse que si je l'eusse été. Telle fut cette liaison, singulière à mon âge, qui m'initia dans la confiance d'un homme si grandement et si saintement distingué, qui me lui fit donner la mienne, et dont je regretterai toujours de n'avoir pas mieux profité.

A mon retour de la Trappe, où je n'allois que clandestinement, pour dérober ces voyages aux discours du monde à mon âge, je tombai dans une affaire qui fit2 grand bruit et qui eut pour moi bien des suites.

M. de Luxembourg, fier de ses succès et de l'applaudissement du monde à ses victoires3, se crut assez fort pour se porter du dix-huitième rang d'ancienneté4 qu'il tenoit parmi les pairs, au second, et immédiatement après M. d'Uzès. Ceux qu'il attaqua en préséance furent :

Henri5 de Lorraine, duc d'Elbeuf, gouverneur de Picardie et d'Artois ;

Charles de Rohan, ducdeMontbazon, prince deGuémené0;

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