‹ Mémoires de thérapeutique médico-chirurgicaleChapitre 20 sur 29 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

Les racines de cette plante ont été employées comme diurétiques , les fleurs possèdent la faculté de cailler le lait (1) , et les feuilles, que les ruminants mangent volontiers donnent au lait une saveur amère. Je ne sache pas qu’elles aient été utilisées d une manière rationnelle en thérapeutique. Ces feuilles , traitées par la trituration et par expression , fournissent un suc dépuré d’une couleur brune. Ce suc chauffé au bain-marie, fournit une écume albumineuse à sa surface, passé de nouveau et évaporé à une douce chaleur, il donne un extrait olivâtre d’une odeur un peu résineuse et d’une saveur amère bien caractérisée.

Cet extrait de cynara , traité par l’alcool rectifié , fournit d’abord une partie soluble dans l’alcool ; cette partie; évaporée convenablement, donne différents produits , entre autres un insoluble dans l’alcool cailleboté, brunissant à l’air, inodore, d’une saveur très astringente (2), ensuite une portion insoluble et indivisible dans l’alcool , bien unie, liée, compacte, odorante, d’une couleur foncée , et d’une saveur amère franche très prononcée.

Ces différents produits du cynara sont insolubles dans l’éther à froid. Par la chaleur j’ai obtenu quelques cristaux ; mais les expériences ne sont

(1) On préconise , dans quelques provinces de l’Angleterre , l’articliaut comme anti-arthritique.

(2) Il est à présumer que cet extrait doit sa qualité astringente à une certaine quantité de tanin.

CYNARÏQUE. 39

pas assez exactes pour en tirer des conséquences.

L’acide nitrique rougit l’extrait alcoolique , boursoufïle et jaunit l’extrait astringent (1).

Il résulte de ces expériences que l’on obtient deux produits un peu différents , l’un essentiellement astringent, l’autre éminemment tonique et amer. Cette saveur amère n'a point l’âcreté du quassia , du cimarouba ; elle a quelque chose de franc qui la rapproche de celle de l’extrait de quina.

Les expériences que j’ai faites sur ce produit me portent à croire qu’il jouit d’une manière très marquée des propriétés propres à produire la médication tonique déterminée ordinairement par les amers. Ces propriétés y sont bien plus marquées que dans les autres succédanés du quinquina , et il a un grand avantage de plus, c’est qu’il est obtenu en grande quantité , très facilement et à très bas prix.

A la dose de quelques grains il excite le ton de l’estomac et l’appétit ; il favorise la digestion dans les mêmes cas que les préparations de quinquina. 11 est à présumer que l’extrait astringent pourrait être utilisé avec succès dans les affections chroniques de la muqueuse gastro-intestinale (2). J’ai es-

(1) Ces différents extraits sur lesquels j’ai présenté déjà quelques considérations à la société de médecine de Lyon et à l’Académie de Paris, ont été de nouveau préparés avec le plus grand soin par M. Cadet Gassicourt.

(2) Cet extrait astringent paraît aussi convenir dans le

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sayé par moi-même pendant dix ou douze jours l’influence tonique de cet extrait sans en être fatigué, et j’en ai parfaitement apprécié la propriété stimulante.

A la dose de un à trois gros par jour, l’extrait cynarique , administré avec soin, dans les intervalles des fièvres intermittentes, a produit l’effet anti-périodique d’une manière remarquable.

On peut administrer l’extrait soluble en alcool et les autres extraits , soit en sirop , en rob , en solution aqueuse , en pilules, etc. On pourrait aussi préparer un vin cynaré, qui remplacerait souvent comme tonique le vin de quinquina. Ce dernier se charge d’une petite quantité du principe amer et tonique, et à une dose suffisante pour lui communiquer cette propriété (1).

traitement des blennhorragies -chroniques; je l’ai administré dernièrement avec succès.

(1) M. Dureau , aide de M. Cadet Gassicourt, a trouvé ce sujet assez intéressant pour poursuivre les expériences propres à y prouver l’existence d’un alkaloïde.

SYPHON UTERIN.

Souvent les accouchements deviennent pénibles, difficiles par l’état de siccité dans lequel se trouvent les surfaces respectives de la tête et du passage qu’elle doit franchir soit parce que les eaux sont écoulées, soit par une espèce d’irritation qui ne permet pas aux fluides ordinairement sécrétés de lubrifier ces surfaces : alors les douleurs se ralentissent , les parties s’engorgent , s’enflamment, et le travail douloureux se prolonge d’une manière désespérante. Ayant observé un assez grand nombre d’accouchements pareils , soit pendant mon exercice de chirurgien en chef de l’hôpital de la Charité , soit dans le cours de ma pratique , je fis usage du procédé suivant , qui m’a constamment réussi. Ce procédé est extrêmement simple, et c’est pour cette raison peut-être qu’il avait échappé à l’imagination des praticiens , mais sa simplicité

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