ACTE I, SCÈNE I
viaeiNiE.
Il n'est point un patricien , et cela suffit. Il n'est point vendu aux tyrans de Rome ; voilà ce qui le rend cher à mon cœur.... Je vois sur son front, aussi noble que fier, toutela majesté du peuple romain. Dans ces temps malheureux, où les lâches tremblaient même eu flattant les tyrans, les discours d'icilius, son âme inaccessible à la crainte, sa sublime indignation , voilà , voilà ee qui m'a soumise à ses lois. Je suis plébéienne; je suis Hère d'être l'égale d'icilius; je serais inconsolable d'être d'une famille patricienne , et d'être par là si inférieure à mon amant.
HUMITOBIA.
Tu as sucé près de moi , avec le lait , la haine des patriciens; conserve-la, ma fille, tu la leur dois, à eux, que l'on voit, selon que la fortune leur est propice ou contraire, tantôt bouffis d'orgueil , tantôt rampants , toujours infâmes.
YIRGIME.
Moi démentir mon origine I Ah , ma mère ! vous ignorez ce qui rend encore ma haine plus juste , plus forte ; je vais vous racon(er les outrages particuliers- que j'ai reçus, et sur lesquels j'avais gardé le silence.
NUMITOHIA.
Quittons ces lieux.
VIBG1NIE.
Vous allez apprendre à quoi m'a exposée cette beauté qui ne m'est chère que parce qu'elle plaît à Icilius.