‹ Memoires de Victor Alfieri ecrits par luimemeChapitre 98 sur 131 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

haches et vos falsceaux?Appius, voilà la tête que tu dois abattre, si tu De veux pas rendre à Borne la liberté. Tant que je vivrai, tremble; tu m'entendras sans cesse crier aux armes, à la vengeance et à la liberté. Si Rome ne renferme point dans son sein, des hommes qui osent lever l'étendard, mort ou vif, elle trouvera en moi un nouveau Brutus contre un nouveau Tarquin. Regarde, Appius, je ne fuis point, je ne redoute rien, me voilà...

VIHGISIE.

0 ciel ! Appius, suspendez votre courroux ; ne baignez point vos mains dans son sang ; écoutez les murmures du peuple prêt à le défendre. Vous menacez des jours trop précieux. Vous exposerez moins Rome et vous....

ICILHJS.

Que faites-vous? vous descendez aux prières, et c'est Appius que vous Implorez ! Vous vous abaissez à ce point aux yeux de Rome et aux miens ? Si vous m'aimez, apprenez à ne rien redouter, et si je dois, pour première preuve de mon amour, sacrifier ici ma vie, recevez-en le don en Romaine, et en épouse d'Icilius.

HUM1TOBIA.

0 moment terrible! Appius, je vous le demande encore une fois, attendez le retour de Virginius, écoutez sa défense.

LB FKUPLB.

Appius, attendez Virginius, nous le voulons tous.

Maintenant je le désire plus que vous, et Virginius sera attendu. Rendez-vous demain au point du jour au Forum. Je n'ordonne point encore le supplice du fac-

tieux qui a mérité la mort. Vous pourriez penser que je le redoute : qu'il vive, qu'il assiste au jugement, qu'il y paraisse en armes s'il le veut, armez-vous tous avec lui. Vous m'entendrez prononcer sur le sort de cette esclave, et ensuite sur le sien. Vous verrez qu'Appius, fort de sa seule vertu, ne redoute rien.

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