‹ Mémoires de Vidocq (volume 4)Chapitre 26 sur 113 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Une rafle à la Courtille. — Il est avéré que je suis un mouchard. Précis sur la brigade de sûrelé. — 772 arrestations. — Conversion d'un grand pécheur. — Biographie de Coco-Lacour. — M. Delavau et le Trou-madame. — Entérinement de mes lettres de grâce. — Coup-d'œil sur la suite de ces mémoires.

A l'époque de l'arrestation de Fossard, la brigade de sûreté existait déjà, et depuis 1812, époque à laquelle elle fut créée, je n'étais plus un agent secret. Le nom de Vidocq était devenu populaire, et beaucoup de gens pouvaient l'appliquer à une figure qui était la mienne. La première expédition qui m'avait mis en évidence, avait été dirigée contre les principaux lieux de rassemblement de la Courtille. Un jour M. Henry ayant exprimé l'intention d'y faire une rafle chez Dénoyers, c'est-à-dire, dans la guinguette la plus fréquentée par les tapageurs et les mauvais sujets de toute espèce, M. Yvrier, l'un des officiers de paix présents , observa que pour exécuter cette mesure, ce ne serait pas assez d'un bataillon. — Un bataillon , m'écriai-je aussitôt, et pourquoi pas la grande armée ? Quand à moi, continuai-je, qu'on me donne huit hommes et je réponds du succès. On a vu que M. Yvrier est fort irritable de son naturel, il se fâcha tout rouge, et prétendit que je n'avais que du babil.

Quoi qu'il en soit , je maintins ma proposition , et l'on me donna l'ordre d'agir. La croisade que j'allais entreprendre était dirigée contre des voleurs, des évadés, et bon nombre de déserteurs des bataillons coloniaux. Après avoir fait ample provision de menottes , je partis avec deux auxiliaires et huit gendarmes. Arrivé chez Dénoyers, suivi de deux de ces derniers, j'entre dans la salle; j'invite les musiciens à faire silence, ils obéissent; mais bientôt se fait entendre une rumeur à laquelle succède le cri réitéré de à la porte , à la porte. Il n'y a pas de temps à perdre, il faut imposer aux vociférateurs, avant qu'ils s'échauffent au point' d'en venir à des voies de fait. Sur-le-champ j'exhibe mon mandat , et au nom de la loi, je somme tout le monde de sortir, les femmes exceptées. On fit quelque difficulté d'obtempérer à l'injonction; cependant au bout de quelques minutes, les plus mutins se résignèrent, et l'on se mit en train d'évacuer. Alors je me postai au passage, et dès que je reconnaissais un ou plusieurs des individus que l'on cherchait, avec de la craie blanche je les marquais d'une croix sur le dos : c'était un signe pour les désigner aux gendarmes qui les attendant à l'extérieur, les arrêtaient, et les attachaient au fur et à mesure qu'ils sortaient. On se saisit de la sorte de trente-deux de ces misérables dont on forma un cordon qui fut conduit au plus prochain corps de garde, et de là à la préfecture de police. La hardiesse de ce coup de main fit du bruit parmi :>e peuple qui fréquente les barrières; en peu de temps il fut avéré pour tous les crocs et autres méchants garnements, qu'il y avait par le monde un mouchard qui s'appalait Vidocq. Les plus crânes d'entre eux se promirent de me tuer à la première rencontre. Quelques-uns tentèrent l'aventure mais ils furent repous-

sés avec perte, et les échecs qin's éprouvèrent me firent une telle renommée de terreur, qu'à la longue elle rejaillit sur tous les individus de ma brigade : il n'y avait pas de criquet parmi eux qui ne passât pour un Alcide : c'était au point qu'oubliant de qui il s'agissait je me sentais presque le frisson, lorsque des gens du peuple sans me connaître, s'entretenaient en ma présence, ou de mes agents ou de moi. Nousétions tous des colosses : le vieux de la montagne inspirait moins d'effroi, les seïdes n'étaient ni plus dévoués, ni plus terribles. Nous cassions bras et jambes ; rien ne nous résistait; et nous étions partout. J'étais invulnérable ; d'autres prétendaient que j'étais cuirassé des des pieds à la tête, ce qui revient au même quand on n'est pas réputé peureux.

La formation de la brigade suivit de fort près l'expédition de la Courtille. J'eus d'abord quatre agents, puis six, puis dix, puis douze. En 1817 je n'en avais pas davantage, et cependant avec cette poignée de monde, du 1er janvier au 31 décembre, j'effectuai sept cent soixante-douze arrestations et trente-neuf perquisitions ou saisies d'objets volés l.

Du moment où les voleurs surent que je devais être appelé aux fonctions d'agent principal de la police de sûreté, ils se crurent perdus. Ce qui les inquiétait le plus, c'était de me voir entouré d'hommes qui, ayant \écu et travaillé avec eux, les connaissaient tous. Les captures que je fis en 1813 n'étaient pas encore aussi nombreuses qu'en L 17, mais elles le furent assez pour augmenter leurs alarmes. En 1814 et 1815, un essaim de voleurs parisiens, libérés des pontons anglais, où ils étaient prisonniers, revint dans la capitale, où ils ne tardèrent pas à reprendre leur premier métier : ceux là ne m'avaient jamais vu, je ne les avais pas vus non plus, et ils se flattaient d'échapper facilement à ma surveillance; aussi à leur début furent-ils d'une activité et d'une audace prodigieuses. En une nuit seulement, il y eut au faubourg Saint-Germain dix vols avec escalade et effraction; pendant plus de six semaines, on n'entendit parler que de hauts-faits de ce genre. M. Henry, désespéré de ne trouver aucun moyen de réprimer ce brigandage, était constamment aux aguets, et je ne découvrais rien. Enfin, après bien des veilles, un ancien voleur que j'arrêtai, me fournit quelques indices, et en moins de deux mois, je parvins à mettre sous la main de la justice une bande de vingt-deux vo-

(I) Le tableau suivant, qui offre la récapitulation des arrestations pendant l'année 1817, montre l'importance des opérations de la brigade de sûreté :

Assassins ou meurtriers , 15

Voleurs avec attaques ou par violences 5

— avec effraction, escalade ou fausses clefs. 108

— dans les maisons garnies 12

— à la détourne et au bonjour 126

— à la tire et filous 73

— à la gène et au flouant 17

Receleurs nantis d'objets volés 38

Évades des fers ou des prisons , . J4

Forçais libérés ayant rompu leur ban 43

Faussaires, escrocs, prévenus d'abus de confiance. 4G

Vagabonds, voleurs renvoyés de Paris 229

En vertu de mandats de Son Excellence 46

Perquisitions et saisies d'objets volés 39

Total \ 811

MEMOIRES DE VIDOCO

leurs, une de vingt-huit, une troisième de dix-huit, et quelques autres de douze, de dix, de huit, sans compter les isolés, et bon nombre de receleurs qui allèrent grossir la population des bagues. Ce fut à celte époque que l'on m'autorisa à recruter ma brigade de quatre nouveaux agents, pris parmi les voleurs qui avaient eu l'avantage de connaître les nouveaux débarqués avant leur départ.

Trois de ces vétérans, les nommés Goreau, Florentin, et Coco-Lacour, depuis longtemps détenus à Bicêtre; demandaient avec instance à être employés, ils se disaient tout à fait convertis, et juraient de vivre désormais honnêtement du produit de leur travail c'est-àdire du traitement que leur allouerait la police. Ils étaient entrés dès l'enfance dans la carrière du crime; je pensais que s'ils étaient fermement décidés à changer de conduite, personne ne serait plus à même qu'eux de rendre d'importants services; j'appuyai donc leur demande, et bien que, pour les retenir, on m'opposât la crainte des récidives, auxquelles le-3 deux derniers surtout étaient sujets, à force de sollicitations et de démarches, motivées sur l'utilité dont ils pouvaient être, j'obtins qu'ils fussent mis en liberté. Coco- Lacour, contre lequel on était le plus prévenu, parce qu'étant agent secret, on lui avait imputé à tort ou à raison, l'enlèvement de l'argenterie de l'inspecteurgénéral Veyrat, est le seul qui ne m'ait pas donné lieu de me repentir d'avoir en quelque sorte répondu de lui. Les deux autres me forcèrent bientôt à les expulser : j'ai su depuis qu'ils avaient subi une nouvelle condamnation à Bordeaux. Quanta Coco, il me parut qu'il tiendrait parole et je ne me trompai pas. Comme il avait beaucoup d'intelligence et un commencement d'instruction, je le distinguai et j'en fis mon secrétaire. Plus tard, à l'occasion de quelques remontrances que je lui fis, il donna sa démission, avec deux de ses camzradeï^pecostard, dit Procureur et un nommé Chrétien. Aujourd'hui que Coco-Lacour est à la tête de la police de sûreté, en attendant qu'il publie ses mémoires, peut-être sera-t-il intéressant de montrer par quelles vicissitudes il a dû passer avant d'arriver au poste que j'ai occupé si longtemps. Il y a dans sa vie bien des motifs d'être indulgent à son égard, et dans son amendement radical sous les rapports capitaux, de puissantes raisons de ne jamais désespérer qu'un homme perverti vienne enfin à résipiscence. Les documents d'après lesquels je vais esquisser les principaux trait^de l'histoire de mon successeur sont des plus authentiques. Voici d'abord quelles traces de son existence il a laissées à la préfecture de police; j'ouvre les registres de sûreté, et je transcris :

« Lacour, Marie-Barthélémy, âgé de onze ans, demeurant rue du Lycée, écroué à la Force le 9 ventôse an IX, comme prévenu de tentative de vol; et onze jours après, condamné à un mois de prison par le tribunal correctionnel.

Le même, arrêté le 2 prairial suivant; et reconduit de nouveau à la Force, comme prévenu de vol de dentelles dans une boutique. Mis en liberté ledit jour par l'officier de police judiciaire du 2e arrondissement.

Le même, enferméà Bicêtre le 23 thermidor an X, par

ordre de M. le préfet; mis en liberté le 28 pluviôse an XI, et conduit à la préfecture.

Le même, entré à Bicêtre le 6 germinal an XI, par ordre du préfet; remis à la gendarmerie le 22 floréal suivant pour être conduit au Havre.

Le même, âgé de 17 ans, filou connu, déjà plusieurs fois arrêté comme tel, enrôlé volonlairementà Bicêtre, enjuillet 1807, pour servir dans les troupes coloniales; remis, le 31 dudit mois, à la gendarmerie pour être conduit à sa destination. Évadé de l'île de Rhé dans la même année.

Le même Lacour dit Coco (Barthélémy) ou Louis Barthélémy, âgé de 21 ans, né à Paris, commissionnaire en bijoux, demeurant faubourg Saint-Antoine, n°297. Conduit à la Force le 1er décembre 180!), comme prévenu de vol ; condamné à deux ans de prison par jugement du tribunal correctionnelle 18 janvier 1810, conduit ensuite au ministère de la marine comme déserteur.

Le même, conduit à Bicêtre le 22 janvier 1812, comme voleur incorrigible. Conduit à la préfecture le 3 juillet 1816.

Lacour dans sa jeunesse a offert un bien triste exemple des dangers d'une mauvaise éducation. Tout ce que je sais de lui depuis sa libération semble démontrer qu'il était né avec un excellent naturel. Malheureusement il appartenait àdes parentspauvres. Son père, tailleur et portier dans la rue du Lycée, ne s'occupa pas trop de lui pendant ces premières années d'où dépendent souvent la destinée des hommes. Je crois même que Coco resta orphelin en bas âge. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il grandit, pour ainsi dire sur les genoux de ses voisines, les courtisanes et les modistes du palais Égalité ; comme elles le trouvaient gentil, elles lui prodiguaient des douceurs et des caresses, et lui inculquaient en même temps ce qu'elles appellent de la malice. Ce furent ces dames qui prirent soin de son enfance; constamment, elles l'attiraient auprès d'elles; il était leur récréation, leur bijou, et lorsque les devoirs de l'état ne leur laissaient pas le loisir de tant d'innocence, le petit Coco allait dans le jardin se mêler à ces groupes de polissons qui, entre le bouchon et la toupie , tiennent l'école mutuelle des tours de passe-passe. Éduqué par des filles, instruit par des apprentis filous, il n'est pas besoin de dire de quels genres étaient les progrès qu'il fit. La route qu'il suivait était semée d'écueils. Une femme qui se croyait sans doute appelée à lui imprimer une meilleure direction, le recueillit chez elle : c'était la Maréchal, qui tenait une maison de prostitution, place des Italiens.' Là Coco fut très-bien, nourri, mais sa complaisance était la seule qualité morale qne son hôtesse prit à tâche de développer. Il devint très-complaisant: il était au service de tout le monde, et s'accommodait à tous tas besoins de l'établissement dont les moindres détails lui é! ient familiers. Cependant le jeune Lacour avait ses jours et ses heures de sortie, il sut à ce qu'il paraît, les employer, puisque avant sa douzième année il était cité comme l'un des plus adroits voleurs l de dentelles, et qu'un peu plus tard ses arrestations

successives lui assignèrent le premier rang parmi les voleurs au bonjour, dits chevaliers grimpants. Quatre ou cinq ans de séjour à Bicêtre où, par mesure administrative, il fut enfermé comme voleur dangereux et incorrigible, ne le corrigèrent pas ; mais là du moins, il apprit l'état de bonnetier, etreçut quelque instruction. Insinuant, flexible, pourvu d'une voix douce et d'un visageefléminésansêtrejoli, il plut à un M. Mulner qui, condamné à seize ans de travaux forcés, avait obtenu la faveur d'attendre à Bicêtre l'expiration de sa peine, Ce prisonnier, qui était le frère d'un banquier d'Anvers, ne manquait pas de connaissances : afin de se procurer une distraction, il fit de Coco son élève, et il est à présumer qu'il le poussa avec amour, puisqu'en très-peu de temps Coco fut en état de parler et d'écrire sa langue à peu près correctement. Les bonnes grâces de M. Bulner ne furent pas l'unique avantage que Lacour dut à un extérieur agréable. Durant toute sa captivité, une nommée Elisa l'Allemande, qui était éprise de lui, ne cessa pas de lui prodiguer ses secours: cette fille qui lui sauva véritablement la vie, n'a, dit-on, éprouvé de sa part que de l'ingratitude.

Lacour est un homme dont la taille n'excède pas cinq pieds deux pouces, il est blond et chauve, a le front étroit, ompourrait dire humilié, l'œil bleu mais terne, les traits fatigués, et le nez légèrement aviné à son extrémité : c'est la seule portion de sa figure sur laquelle la pâleur ne soit pas empreinte. Il aime à l'excès la parure et les bijoux, et fait un grand étalage de chaînes et de breloques ; dans son langage il affectionne les expressions les plus recherchées dont il affecte de se servir à tout propos. Personne n'est plus poli que lui, ni plus humble; mais au premier coup d'œil on s'aperçoit que ce ne sont pas là les manières de la bonne compagnie : ce sont les traditions du beau monce, telles qu'elles peuvent encore arriver dans les prisons, et dans les endroits que Lacour à dû fréquenter. Il a toute la souplesse des reins qu'il faut pour se maintenir dans les emplois, et de plus, une étonnante facilité de génuflexion. Tartuffe, avec qui il a, du reste, quelque ressemblance, ne s'en acquitterait pas mieux.

Lacour devenu mon secrétaire, ne put jamais corn prendre que, pour le décorum de la place qu'il occupait, sa compagne successivement fruitière et blanchisseuse, depuis qu'elle n'était plus autre chose, ne 'erait pas mal de choisir une industrie plus relevée. Une' discussion s'éleva entre nous à ce sujet, et plutôt que de me céder, il préféra abandonner le poste. Il se fit marchand colporteur et vendit desmoucboirs dans les rues. Mais bientôt, rapporte la chronique, il se donna à la congrégation, et s'enrôla sous la bannière des jésuites : dès lors il fut en odeur de sainteté auprès de MM. Duplessis et Delavau. Lacour a toute la dévotion qui devait le rendre recommandable à leurs yeux. Un fait que je puis attester, c'est qu'à l'époque de son mariage, son confesseur, qui tenait les cas réservés, lui ayant infligé une pénitence des plus rigoureuses, il 1 accomplit dans toute son étendue. Pendant un mois, se levant à l'aube du jour, il alla les pieds nus de la rue Sainte-Anne au Calvaire, seul endroit où il lui fût

encore permis de rencontrer sa femme, qui était aussi en expiation.

Après l'avènement de M. Delavau, Lacour eut un redoublement de ferveur ; il demeurait alors rue Zacharie, etbienque l'église Saint-Séverin fût sa paroisse, pour entendre la messe il se rendait tous les dimanches à Notre-Dame, où le hasard le plaçait toujours près ou en face du nouveau préfet et de sa famille. On ne peut que savoir gré à Lacour d'avoir fait un si complet retour sur lui-même ; seulement il est à regretter qu'il ne s'y soit pas pris vingt ans plus tôt : mieux vaut tard que jamais.

Lacour a des mœurs fort douces, et s'il ne lui arrivait pas parfois de boire outre mesure, on ne lui connaîtrait d'autre passion que celle de la pêche : c'est aux environs du Pont-Neuf qu'il jette sa ligne; de temps à autre il consacre encore quelques heures à ce silencieux exercice; près de lui est assez habituellement une femme, occupée de lui tendre le ver : c'est madame Lacour, habile autrefois à présenter de plus séduisantes amorces. Lacour se livrait à cet innocent plaisir, dont il partage le goût avec Sa Majesté Britannique et le poëte Coupigny, lorsque les honneurs vinrent le chercher : les envoyés de M. Delavau le trouvèrent sous l'arche Marion : ils le prirent à sa ligne, comme les envoyés du sénat romain prirent Cincinnatusà sa charrue. Il y a toujours dans la vie des grands hommes des rapports sous lesquels on peut les comparer : peut-être madame Cincinnatus vendait-elle aussi des effets aux filles de son temps. C'est aujourd'hui le commerce de la légitime moitié de Goco- Lacour : mais c'en est assez sur le compte de mon successeur ; je reviens à l'historique de la brigade de sûreté.

Ce fut dans le cours des années 1823 et 1824 qu'elle prit son plus grand accroissement : le nombre des agents dont elle se composait fut alors, sur là proposition de M. Parisot, porté à vingt et même vingt-huit, en y comprenant deux individus alimentés du produit des jeux que le préfet autorisait à tenir sur la voie publique K C'était avec un personnel si mince qu'il fallait

(1) Lorsqu'il était alloué des millions pour les dépenses df la police, on ne conçoit pas que l'on pût recourir à de si pitoyables ressources. Du 20 juillet au 4 août, les jeux tenus sous l'autons.ition de M. Delavau, rapportèrent une somme de 4,364 fr. 20 cent. C'était l'argent des ouvriers, des apprentis auxquels on inoculait ainsi la plus funeste de toutes les passions. On ne croirait pas qu'un fonctionnaire, qu'un magistrat essentiellement religieux, ait pu se prêter à une mesure d'une telle immoralité; qu'on lise cependant la pièce suivante :

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