‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 4)Chapitre 47 sur 126 · ACTE DE GARANTIE · texte numérisé non relu

ACTE DE GARANTIE

299. L'Empereur Alexandre propose un acte réciproque de garantie , portant sur l'état de possession actuel de chacune des parties contractantes,

II parait que l'Empereur Alexandre vise même à établir le casusfœderis sur la base de tous, contre celui qui étendrait d'une manière quelconque son état de possession actuel. — II borne l'acte et la garantie explicitement aux possessions en Europe.

Il n'existe non-seulement aucune difficullé pour les Cours d' Autriche et de Prusse de prendre part à un pareil acte, mais elles y trouveront une sécurité particulière. Il n'en est pas ainsi du Gouvernement britannique, vu l'impossibilité dans laquelle il se trouve placé de prendre une part directe , et obligatoire pour lui, à un acte de garantie aussi étendu.

Les Cours continentales doivent-elles rejeter la proposition de l'Empereur Alexandre, parce que l'Angleterre ne peut se placer parmi les parties contractantes?

Doivent-elles conclure le traité avec l'exclusion de l'Angleterre?

Telles sont les questions les plus importantes du moment.

N'existerait-il pas une forme qui offiirait tous les avantages résultant :

1* Du sentiment de sécurité qui serait la suite d'une pareille transaction ;

2* De Timpossibilité morale dans laquelle se placerait r Empereur Alexandre de viser à l'extension de ses frontières;

3** De la force que le Gouvernement civil prussien acquerrait sur le parti militaire , qui ne vise qu*à troubler Tétat de possession de ses voisins ;

4* De TefFet que produirait un pareil acte sur Tesprit des peuples et des partis, sur celui de ces derniers surtout, qui n'entrevoient plus guère de chances de salut pour le succès de leurs criminelles espérances que dans le mouvement politique?

Vu le principe d'union et de solidarité morale qui doit exister entre toutes les puissances, et spécialement entre celles du continent et l'Angleterre , quelle pourrait être la forme qui, sans faire porter la question matérielle de la garantie réciproque sur l'Angleterre , assurerait et rendrait évident le concours moral de cette puissance à une pareille transaction?

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