II. n
accorda le premier de Fan une audience au Corps diplomatique.
Mon retour ici fit grand plaisir à la Cour et aux personnes du Gouvernement. Il dissipa pour quelques jours les inquiétudes que le public avait conçues sur la prolongation de mon absence. La guerre en Espagne offrant tous les jours moins de résultats, les calculs sur une prochaine levée de boucliers de l'Autriche devaient acquérir plus de consistance.
La guerre d'Espagne , le vague des bulletins , la certitude de la rupture de la négociation avec l'Angleterre, la force et l'attitude imposante (quelque calme qu'elle soit) de l'Autriche, tels sont les sujets que je trouvai ici occupant tous les esprits. Les onze jours qui se sont écoulés depuis mon arrivée n'ont rien changé à ce tableau ; toutes les couleurs s'en sont néanmoins assombries depuis avant-hier, par l'arrivée de nouvelles très-peu propices de l'Espagne
Le lendemain de mon arrivée, je vis M. de Champagny. Notre conversation se borna à peu de chose ; il ne pouvait en être autrement. Je commençai par lui dire que je croyais ne rien pouvoir lui annoncer de plus conforme aux vœux des amis de la paix, que le fait que j'avais laissé ma Cour aussi pacifique dans ses intentions que je l'avais trouvée en arrivant.
M. de Champagny répondit que la France ne voulait de son côté que la paix, qu'elle nous l'avait prouvé en retirant ses armées de l'Allemagne: «Vous ne connaissez pas moins, ajouta-t-il, quels sont ses désirs; elle vous les a exprimés. " Je fis semblant de ne pas comprendre sur quoi portait cette phrase ; mais M. de Champagnv la répétant à tout moment dans le cours d'une conA'crsation également vague de part et d'autre, je crus devoir |)réciser la question de la manière suivante. « J'ai trouvé, lui dis-je, M. de Vincent à Vienne. Il y était arrivé d'Erfurt peu de jours avant moi, et en avait aj)porfé les assurances générales de bonnes dispositions que lui avait données l'Empereur Napoléon. Les véritables amis de la paix pouvaient désirer sans doute (ju'elles eussent été plus détaillées et pins propres à établir des relations de con-