RÉSULTATS DES CONFÉRENCES DE CARLSRAD
permît de supporter la liberté illimitée de la presse, si toutefois elle est compatible avec cette constitution en général. Le moment présent s'y prête moins que tout autre ; car la tâclie qui incombe à tant de Gouvernements, celle qui consiste à assurer la prospérité actuelle et future de leurs peuples par de bonnes institutions , ne saurait être menée à bien au milieu de cette confusion d'opinions exaltées et hostiles, au milieu de cette lutte journalière qui ébranle tous les principes, qui dénature la vérité et qui met à sa place le doute et l'erreur.
Les mesures que cette grave situation commande de prendre provisoirement contre les abus de la presse ne doivent nullement avoir pour but de paralyser l'activité d'écrivains utiles et estimables , d'entraver les piogrès naturels de l'esprit humain ou d'empêcher des publications instructives de n'importe quel genre, tant qu'elles se renferment dans les limites où aucune législation ne s'est permis de les atteindre jusqu'à ce jour. La haute surveillance exercée sur les écrits périodiques ne dégénérera pas en oppression : ce qui en répond, ce sont les sentiments que tous les Gouvernements d'Allemagne ont manifestés assez nettement en toute circonstance ; aussi ces puissances n'ont-elles pas à craindre que jamais un ami de l'ordre et de la vérité les accuse de vouloir asservir les esprits. Mais la nécessité de cette haute surveillance ne saurait être plus longtemps révoquée en doute, et comme Sa Majesté peut s'attendre à trouver tous les Gouvernements confédérés parfaitement d'accord sur cette grave question, Elle charge son envoyé, président de la Diète, de présenter le plus tôt possible et de soumettre à l'examen et aux délibérations de cette assemblée le projet ci-joint d'une résolution provisoire tendant à prévenir les excès de la presse, notamment en ce qui concerne les journaux, leS écrits périodiques et les brochures.