‹ Mémoires du cardinal ConsalviChapitre 16 sur 59 · PRUSSIEN, AU CARDINAL · texte numérisé non relu

PRUSSIEN, AU CARDINAL

Monseigneur ,

Il me serait impossible de ne pas exprimer à Votre Éminence combien j'ai été sensible à la lettre amicale et obligeante qu'elle a bien voulu m'adresser. J'y ai retrouvé dans toute sa candeur l'expression du

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caractère loyal qui la distingue et des sentiments dont elle m'honore, que j'apprécie et reconnais avec le plus parfait retour.

Le Roi s'est décidé à revêtir M. Niebuhr du titre d'envoyé extraordinaire et de ministre plénipotentiaire pour donner à Sa Sainteté une preuve de sa haute estime. Je regarde nos relations comme plus solidement établies que jamais. La protection que Sa Majesté accorde à ses sujets catholiques, la façon de penser du Saint-Père et l'esprit éclairé qui guide son ministre respectable nous les garantissent mutuellement.

M. Niebuhr, si recommandable par son mérite personnel, emploiera tout son zèle pour bien remplir sa vocation, et il pourra en appeler en toute occasion à Tappui de Votre Éminence.

Je saisirai avec empressement toute occasion de lui renouveler le souvenir ineffaçable que je lui conserve, l'attachement sincère que je lui ai voué, et la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être, monseigneur, de Votre Éminence, le trèshumble et très-obéissant serviteur,

Hardenberg.

Berlin, le 30 décembre 4846.

LE PMNCE GEORGES, GRAND-DUC DE MECKLEMROURG- STRELITZ, AU CARDINAL CONSALVI.

AStrelitz, ce 26 de janvier i8i 7.

Monseigneur ,

Votre Éminence m'a donné tant de preuves de bonté pendant le cours des quatorze années que j'ai le bonheur de la connaître , que j'ose la considérer comme un véritable et ancien ami , auquel sûrement je ne songerai jamais sans éprouver la plus vive reconnaissance ainsi que les sentiments les plus affectueux. Je connais en outre le plaisir que ressent Votre Éminence en faisant des heureux, ou en allégeant du moins le sort des infortunés. Voilà les raisons qui me donnent le courage d'implorer sa protection pour un jeune artiste, qui, à ce que j'apprends, à ma grande satisfaction, est digne de l'honneur de lui être recommandé, et qui, outre le mérite d'être bon peintre, possède encore celui à mes yeux d'être né ici. Je sens fort bien que ce dernier mérite n'est de nature qu'à être apprécié par moi, mais Votre Éminence m'a si bien gâté par son aimable amitié à Vienne , comme dans les temps bien plus heureux encore oii j'avais le bonheur d'habiter votre divine patrie , que je ne saurais entièrement abandonner l'espoir de voir mon jeune homme gagné par là d'intërêt aussi à vos propres yeux. II s'appelle Charles Eggers^ et le comble de tous ses vœux serait

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d'être reçu parmi le nombre des jeunes artistes allemands que Ton vient d'employer pour le Vatican.

Je ne puis savoir s'il sera possible à Votre Éminence d'exaucer ma prière, mais je suis sûr de sa bonté , que dans le cas de la nécessité d'un refus, elle daignera protéger mon pauvre jeune homme d'une autre manière non moins efficace, tous les moyens lui étant ouverts.

Qu'elle me permette encore de la prier de me recommander au souvenir gracieux du Saint-Père. Je n'oublierai jamais la bonté paternelle avec laquelle il m'a traité, et serais vraiment heureux si Sa Sainteté pouvait être entièrement convaincue de mon éternelle reconnaissance , ainsi que de .mon inaltérable attachement pour sa personne.

Quant à Votre Éminence , j'ose croire que tout le contenu de cette lettre lui aura déjà prouvé combien ma confiance dans son amitié et sa bonté est grande, combien je sais dignement apprécier des sentiments si flatteurs , et combien par conséquent *elle peut compter de ma part, sur le plus parfait

retour,

Georges,

Grand-duc de Mecklembourg-Sirelitz.

P. S. — Oserai-je rappeler à Votre Éminence VArtemisa di Cimarosa? Elle a eu la bonté de m'en promettre la partition à Vienne, et j'attache un trop grand prix à la posséder pour ne pas la supplier de s'en souvenir.

Pour éviter toute, confusion , je crois bien faire d'instruire Votre Éminencè que mon protégé Charles Ëggers demeure al caffè Greco.

Si Votre Éminencè ne me trouve pas trop indiscret, j'aurais grande envie de la charger de mille hommages pour l'aimable comtesse Carandini et madame Vera.

LE PWNGE DE HARDENBERG AU CARDINAL CONSALVL Monseigneur,

Le baron de Stein, dont Votre Éminencè a su bien certainement apprécier les grands talents diplomatiques et les services de tout genre que ses conseils, son activité et sa plume rendirent à la cause du droit dans la grande lutte de 1 81 21 à I'81 4 , a bien voulu se réclamer de moi comme introducteur auprès de Votre Éminencè. Il aurait, à ce qu'il paraît, besoin du concours et de l'intervention de la Cour romaine dans une affaire qui l'intéresse très-vivement, et dont il expose tout au long, dans un mémoire rédigé par lui et que je vous transmets , les difficultés au point de vue religieux et moral. Quoique séparé comme nous de la comilaunion romaine, le baron de Stein se fait un devoir d'honorer la Religion catholique. Il vénère la Papauté qui a rendu tant de services à l'humanité et qui est représentée aujourd'hui par un auguste vieillard, modèle de toutes les vertus. Il aime et admire le beau caractère et les talents de

Votre Éminence. Il jouit de vos succès et de Téclat que vous répandez sur Rome et le Saint-Siège, et c'est à tous ces titres qu'il sollicite de la Cour romaine un avis sur une matière très-grave.

Comme il y a dissentiment entre nos docteurs et les théologiens catholiques , et que le baron est trop respectueux envers l'autorité ecclésiastique pour passer outre sans la consulter, il soumet la question au jugement de Rome, s' engageant d'avance à accepter la décision qui sera formulée au Vatican.

Cette marque de confiance n'est point une flatterie indirecte pour gagner sa cause , c'est un hommage rendu à la sagesse et à la justice du Saint-Siège. Votre Éminence et l'excellent et vénérable'^ Pie VII, qui daignent m'aimer un peu , savent si je suis heureux de m'y associer. Le Roi, qui a voué au Pape une si tendre affection, approuve pleinement la conduite de cette affaire, et quel que soit l'arrêt que Rome prononcera, nous y souscrirons.

Je me félicite sincèrenàent de cette circonstance, puisqu'elle me permet de mettre mes plus respectueux hommages aux pieds du Souverain Pontife, et que je puis encore une fois me dire avec un profond attachement et une respectueuse estime.

Monseigneur, de Votre Excellence, le très-humble serviteur et fidèle ami ,

Hardenberg.

Berlin , 4 7 septembre 4 84 7.

LE CHEVALIER D'ITALINSKl, AMBASSADEUR DE RUSSIE, AU CARDINAL.

Éminence ,

Le grand œuvre, fruit du zèle éclairé et des hauts talents de Votre Ëminence, est donc consommé. J*en éprouve la plus vive satisfaction , et je m'empresse de présenter à Votre Éminence mes félicitations ainsi que l'expression de ma reconnaissance pour la bonté qu'elle a eue de me donner la nouvelle de cet événement, infiniment agréable aux vrais amis de la Religion et à ceux de Votre Éminence.

Agréez, je vous supplie, l'hommage des sentiments de la plus haute considération avec lesquels j'ai < l'honneur d'être, de Votre Éminence, le très-humble et très-obéissant serviteur,

Le Chevalier d'Italinski.

Dimanche, 4" mars 18i8.

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