LE BARON DE REDEN AU CARDINAL
Monseigneur,
Je m'empresse de présenter mes très-humbles remercîments à Votre Éminence, aussi bien que ceux de toute ma famille , de la gracieuse réception que nous avons trouvée à Âlbano dans le palais de Votre Éminence. Nous avons été logés, couchés et reçus d'une manière si obligeante, nous avons tous passé des journées si délicieuses dans ce pays enchanteur, que nous ne saurions assez témoigner notre gratitude à Votre Eminence, d'autant plus que c'est à elle particulièrement que je suis redevable de la réalisation de ce projet, que, sans vos conseils, je n'aurais apparemment pas exécuté dans le cours de cette année. Je compte de lui réitérer demain matin de bouche mes très-humbles remercimenls et les assu-
rances de la haute estime y considération et attachement inaltérable avec lesquels j'ai l'honneur d'être, de Votre Éminence, le très-humble et très-obéissant serviteur ,
F. Bàkon m RifiDEN.
A Rome, ce H d*oclobre 1819.
SIR WILLIAM A COURT, MINISTRE D'ANGLETERRE A NAPLES, AU CARDINAL CONSALVI.
Monseigneur ,
Ayant appris de mon ami, le chevalier de Bar-* tholdy, que Votre Éminence a déjà fait expédier à Févêque de Malte la dispense que j'ai eu l'honneur de lui demander, je ne dois pas tarder plus longtemps à lui en offrir mes sincères remerctments, d'autant plus que je sais que des expéditions pareilles éprouvent quelquefois les plus grandes difficultés. Je prie Votre Éminence d'être persuadée de mon extrême reconnaissance.
Il m'est toujours très-agréable de trouver une occasion pour me rappeler à votre souvenir. Monseigneur, et de demander des nouvelles de votre santé. On nous avait fait bien peur sur votre compte, il y a à peu près deux mois , en exagérant de beaucoup, à ce que je crois, la maladie que vous avez éprouvée. On s'alarme facilement, quand il s'agit de la santé d'une personne dont le sort d'une nation dépend. Soignez-vous, Monseigneur, nous ne som-
mes pas assez riches en talents et en vertus pour pouvoir vous perdre.
Je ne peux vous envoyer d'ici d'autres nouvelles que celles que vous recevrez plus directement de Vienne et de Paris. Il serait inutile donc de vous en entretenir. Quant aux nouvelles domestiques, je n'ai qu'à vous dire que la santé du Roi- est parfaite , et que celle de madame Floridia s'améliore de jour en jour. Elle a été pourtant pendant quelques jours dans le plus grand danger.
Lady a Court me charge de la rappeler à votre souvenir, et de vous dire combien elle désire vous faire encore une visite à Rome. Je le voudrais bien aussi, mais je ne vois pas comment cela pourrait s'arranger dans ce moment-ci.
Je vous prie, Monseigneur, d'agréer l'hommage
de mon respect et de mon parfait dévouement, et de
me croire , de Votre Ëminence , le très-humble et
très-fidèle serviteur,
William a Court.
Venafro, ce 49 février 1820.