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Ou plutôt dans la Deule canalisée

8. Jean de Gassion, né en 1609, avait servi d'abord sous Gustave-Adolphe, dont il fut un des élèves les plus brillants ;

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mortellement en faisant le siège de cette ville en l'année 1 647 ; il mourut de cette blessure quelques jours après, à Arras.

La droite de l'armée étoit appuyée au canal de Douay à Lille, près de Courrières^ la gauche à Cambrin, près de Béthune^, et le quartier général étoit à Lens, la Bassée à une petite demi -lieue devant le front de nos lignes. Le maréchal de Villars, qui s'étoit chargé avec plaisir du commandement de l'armée de Flandres^, quoiqu'elle devoit être d'un tiers moins forte que celle des alliés, et qu'elle devoit être dispersée depuis la Sambre jusqu'à la mer, prit toutes les précautions possibles pour s'opposer aux projets des trois plus grands capitaines de l'Europe, le prince Eugène, le duc de Marlborough et M. de Cadogan*. Il fit travailler, dans les endroits où il n'y avoit point de marais et d'inondations, à un bon retranchement, flanqué par des redans avec doubles fossés devant le

il contribua puissamment à la victoire de Rocroy, qui lui valut le bâton de maréchal de France.

1. Aujourd'hui Pas-de-Calais, arrondissement de Béthune, canton de Carvin.

2. Chef-lieu de canton du Pas-de-Calais. Il y a une douzaine de kilomètres entre ces deux localités.

3. Le maréchal de Boufflers avait d'abord eu ce commandement; mais il tomba malade à la fin de l'hiver, et Villars fut désigné pour le remplacer, sous Monseigneur, qui devait nominalement commander en chef.

4. Guillaume Cadogan, favori de Marlborough, qu'il n'avait pas quitté depuis 1702, était lieutenant général depuis le 1'''' janvier 1709; il eut en 1714 un titre de comte et le cordon de la Jarretière. Ses talents étaient plus estimés comme diplomate que comme général, et la qualification que notre auteur lui accorde ne laisse pas d'étonner.

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front de son armée, et il y fit mettre cent pièces de canon*. Dans cette situation, nous attendîmes de pied ferme les ennemis pendant quelques semaines. Gomme le pays n'est que plaine, l'on voyoit d'un coup d'œil toute l'armée, spectacle qui faisoit grand plaisir.

La Bassée. — Nous allions souvent nous promener à la Bassée à pied, ville qui avoit été autrefois très bien fortifiée^. Elle est située sur la Deule, petite rivière qui prend sa source près de cette ville et qui va se jeter dans la Lys vis-à-vis de Warneton^, après avoir traversé Lille. Il m'a été dit que cette place avoit été la cause de la fortune et de l'opulence du grand-père "* du marquis de Broglie et du maréchal de France son frère ^. Anciennement, les gouverneurs des places frontières étoient obligés d'entretenir les troupes de leurs garnisons par les contributions qu'ils tiroient du pays ennemi. Le marquis de Nancré^, gouverneur de la Bassée, ayant représenté à la cour qu'il lui étoit impossible d'entretenir sa garnison avec le peu de contribution qu'il tiroit des pays ennemis, le Roi lui

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