Billy-Berclau, à trois kilomètres est de la Bassée
336 MÉMOIRES [Juin 1709]
ses dispositions étoient si parfaites, que milord Marlborough et le prince Eugène jugèrent qu'ils perdroient la plus grande partie de leurs troupes, s'ils nous attaquoient dans nos lignes, d'autant plus que le maréchal de Villars s'étoit attiré la confiance du soldat.
Le 25, ayant appris que les généraux ennemis avoient pris le parti de se retirer, il leur fit dire par un de leurs trompettes, qui étoit venu dans notre camp dans le dessein peut-être de reconnoître notre contenance, qu'il étoit bien fâché qu'ils se fussent arrêtés au milieu de leur marche ; que, s'il ne s'agissoit, pour avoir le plaisir de les voir, que de faire raser les lignes qui étoient devant son armée, il les feroit disparoître promptement. Les officiers généraux des deux armées regardèrent ce propos comme une véritable fanfaronnade. Il étoit connu de tout le monde pour un homme accoutumé à tenir de pareils discours.
Les ennemis, après avoir pris le parti de la retraite, mirent leur droite à la Lys et leur gauche à la Deule. Pour nous, contents de ce qu'ils n'avoient pas osé nous attaquer, nous restâmes dans notre même situation, toute l'armée sur une seule ligne, excepté quelques escadrons de distance en distance, qui servoient de corps de réserve. Presque toute notre cavalerie étoit campée près de Douay, par rapport aux fourrages, aux ordres du chevalier de Luxembourg^.
Après la retraite des ennemis, ils envoyèrent un gros détachement pour s'emparer de l'abbaye de Saint- Amand, située, comme il est dit ci-dessus^, sur la Scarpe.