Petit village sur la route de Soncino à Crème
5. Soresina est un gros bourg, et Casal-Moi'ano un village du Crémonais, tous deux sur la route de Crémone à Bergame. M. de Vendôme faisait un mouvement vers le sud-est pour faire face aux Impériaux.
6. Ce poste, dont on peut voir un plan dans l'Atlas des Mémoires militaires, se composait d'un pont fortifié, ou plutôt d'une longue chaussée formant passage au-dessus de quatorze canaux réunis dans un petit espace; il était soutenu par un détachement établi au village de Genivolta. Situé à égale distance des deux armées, sa possession par les Impériaux leur
110 MÉMOIRES [Août 1705]
Un capitaine des grenadiers qui marchoit à la tête du détachement, ayant remarqué que les ennemis n'étoient pas sur leurs gardes, marcha à eux si rapidement, qu'il fut dans leur retranchement auparavant qu'ils s'en aperçussent, suivi de M. de Garoll, lieutenant-colonel du régiment de Berwick*, et de toutes les autres compagnies des grenadiers. Il y avoit quatre cents hommes, dont la plupart furent tués, et le reste fut fait prisonnier de guerre avec le lieutenant-colonel qui les commandoit. Ce bonheur fut d'autant plus grand, que M. de Vendôme vouloit seulement reconnoitre ce poste.
Le 2t1 , ce prince prolongea sa droite en l'appuyant aux retranchements dont il venoit de s'emparer. Le prince Eugène, voulant, à quelque prix que ce fût, pénétrer dans le Piémont, et étant persuadé qu'il y avoit de l'impossibilité à réussir par le Mantouan en passant le Pô, se mit en marche, le 10 d'août, à une heure de nuit, pour se porter sur le haut de l'Adda, et il décampa si secrètement et il fit tant de diligence, qu'en deux jours il arriva sur cette rivière. M. de Vendôme n'apprit le mouvement des Impériaux qu'au jour ; j'en suis surpris, car aucun général n'a payé ses espions mieux que lui^ : il en connoissoit la consé-
assurait un passage facile au milieu de ce pays coupé de canaux innombrables. La lettre par laquelle Vendôme rendit compte au Roi du combat est dans les Mémoires militaires, t. V, p. 721.
1. Daniel de Caroll, venu d'Irlande en 1691, était lieutenant-colonel du régiment de Berwick depuis 1698; il fut fait brigadier le 30 août 1705, et mourut à la fin de la campagne de 1712. [Chronologie militaire, t. VIII, p. 163.)