Dans le récit de la campagne de
3. Petite ville sur la route de Brescia à Vérone. Une ligne de collines, bordant la plaine dont il a été question plus haut, la relie à Castiglione.
150 MÉMOIRES [Dec. 1705]
du fusil de leur gauche. Spectacle n'a jamais si bien frappé les yeux ! Nous découvrions, sur la crête des hauteurs où nous marchions, la tète et la queue de leur armée, et, du même coup d'œil, nous voyions la nôtre, qui s'avançoit fièrement vers elle. Nous crûmes pendant quelque temps que le jour ne se passeroit point sans une bataille. Leur cavalerie marchoit au petit galop, le sabre à la main, que les rayons du soleil faisoient reluire; mais, quelques coups de canon et de fusil tirés de part et d'autre, tout se passa tranquillement. Messieurs les Vénitiens, à qui nous donnions de temps en temps des spectacles, étoient au haut des clochers, des maisons et des murailles de Lonato, pour satisfaire leurs curiosités. Ils ne voulurent jamais laisser entrer les Impériaux dans leur place, malgré toutes les instances qu'en fit le prince Eugène.
M. de Vendôme fut logé dans une mauvaise cassine, sur ces hauteurs, du côté de Lonato, à la droite de notre armée, dont la gauche s'étendoit à Esenta, petit village*. Notre cavalerie resta à Rivoltella^, dont on détacha deux brigades pour camper avec notre infanterie à Esenta. Les ennemis avoient un petit navile devant eux.
Quelques jours après que nous fûmes arrivés dans ce camp, M. d'Estrades eut ordre de se rendre maître, avec six bataillons, de Desenzano, qui appartient aussi, comme il a été dit, aux Vénitiens. Ces Messieurs firent d'abord quelques difficultés; mais, comme ils virent que l'on se préparoit à y entrer de force,