D'après les Mémoires de Sourches (t. IX, p. 158 et
152 MÉMOIRES [Janvier 1706]
On peut dire que M. de Vendôme, par sa prudence, sa fermeté et sa valeur, étoit venu à bout de ce qu'il vouloit faire, qui étoit d'avoir réduit les Impériaux à reculer jusqu'aux montagnes du Bressan. Ils n'étoient pas plus avancés qu'au commencement de la première campagne d'Italie. Je le répète encore : qu'on examine bien tous les mouvements, toutes les actions et toutes les marches de cette campagne, on trouvera qu'elle est une des plus brillantes, et où sa science et son expérience dans l'art militaire ont le plus excellé. Auparavant de nous venir joindre à Mantoue, qu'il avoit choisi pour son quartier général, et qui fut celui du régiment, il examina la situation des quartiers des Allemands, et il fit dès lors ce beau projet de les battre à l'entrée de la campagne suivante : ce qu'il exécuta, comme je le ferai voir, si le bon Dieu me prête vie.
En entrant à Mantoue, nous trouvâmes la troupe des comédiens de cette ville qui alloient à Castiglione; M. de Vendôme les avoit mandés.
Distribution des quartiers d'hiver. — Nos troupes furent répandues à Desenzano. Gastighone, Gastelgoffredo, Medole, Gastellaro^ la Volta^, Pozzolengo^, Solferino, Gavriana, Ponti*, Monzambano, Goito, Gaznote), c'était un Lorrain, qui avait monté par tous les grades jusqu'à celui de sergent général; il reçut de l'Empereur un titre de baron. On écrivait le plus souvent Patay, et c'est l'orthographe de notre auteur.