Ce nom est resté en blanc dans le manuscrit
5. Ce régiment, levé par le cardinal Mazarin en Roussillon et en Catalogne, en 1657, s'appela d'abord Catalan-Mazarin.
6. Ce corps, créé en 1625 et appelé d'abord Maréchal de Turenne, fut donné en 1675 au duc du Maine et prit son nom.
7. Commandé par Jean-François Boyvin, marquis de Bacqueville, il devint Vexin en 1762.
176 MÉMOIRES [Août 17 lî]
et un de Bigorre relevèrent la tranchée aux ordres de M. de Puységur. A l'égard du fort, sur les six heures du soir du 27, le commandant, à qui nous avions ôté la communication avec la ville, voyant que la brèche étoit très praticable, et craignant avec raison d'être emporté d'assaut, fit battre la chamade. Il se rendit, lui et sa garnison, prisonniers de guerre. Celle-ci fut conduite à Gambray^
Après la prise du fort, on ouvrit sur-le-champ les écluses, afin de faire écouler les eaux de nos tranchées, la nuit du 27 au 218.
Le lendemain 28, notre armée fit un mouvement; les troupes, qui étoient campées dans la plaine de Lens, passèrent la Scarpe, pour aller camper dans la plaine de Lewarde^. Notre brigade décampa aussi de près du château de Belleforière, afin d'aller couvrir Lewarde, dont le maréchal de Villars venoit de faire son quartier général. Nous restâmes dans ce camp jusqu'à notre départ de devant Douay.
La nuit du 28 au 29, la tranchée fut relevée par les trois bataillons de la Reine et les deux de Lionne ^, aux ordres de M. de Goesbriand. Pendant cette nuit, les tranchées ayant été conduites jusqu'au fossé de l'avant-chemin couvert du côté de la porte de Notre- Dame, on passa le fossé, et, malgré le grand feu des
1. Sur la prise du fort de Scarpe, on peut voir les Mémoires de Villars, p. 165-1G6, V Histoire militaire, p. 83, les Mémoires militaires, p. 104, et le n° lxxi de la Gazette d'Amsterdam, d'après une lettre venant du camp du maréchal de Villars.
2. Sur la route de Douay à Bouchain, à sept kilomètres de la première ville.
3. C'est le rëgimcnt de Beaujolais, rommandé depuis novembre 1710 par (iliarles-Hugues, comte de Lionne.
[Août 1712] DU CHEVALIER DE QUINCY. 177
assiégés, on se logea sur le glacis à droite et à gauche. Le logement y étant fait, on travailla à une batterie de vingt pièces de canon. Nous perdîmes dans cette action M. de Glisson^ capitaine aux gardes françoises, et M. de Louvain, commandant la colonelle du régiment Royal-artillerie, qui furent tués. Il y eut deux cents hommes tant tués que blessés^.
Depuis le 219 jusqu'au 31 août, on perfectionna nos deux batteries qui étoient dans la seconde parallèle et à celle vis-à-vis la porte Saint-Éloi. Toutes nos batteries se firent entendre le 31 , et elles renversèrent la redoute qui étoit entre les deux chemins couverts.
La tranchée avoit été relevée, la nuit du 29 au 30, par les deux bataillons de Limousin, les deux de Boulonnois, et par un de Solre, aux ordres du marquis de Silly; la nuit du 30 au 31 , par les trois bataillons des Vaisseaux et les deux d'Agenois, aux ordres de M. de Goigny. On s'empara ce jour-là de la redoute qui étoit entre les deux chemins couverts, et on fit deux batteries, de six pièces de canon chacune, pour battre une demi-lune et deux lunettes qui étoient aussi entre les deux chemins couverts et qui les protégeoient.
Je m'étois logé à Lewarde, qui étoit, comme il a été dit, le quartier général. J'appris, le lendemain, que les fourriers de l'armée marquoient toutes les maisons
1. « Gentilhomme de Poitou; un des plus valeureux hommes de son siècle, dit l'annotateur des Mémoires de Sourches, t. XIII, p. 490. Il auroit été à souhaiter que beaucoup d'officiers eussent un peu de la trop grande envie qu'il avoit de voir des actions. »