‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 19 sur 203 · XVI NOTICE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

XVI NOTICE PRÉLIMINAIRE

vier 1634), maître des requêtes le 1" février 1636 et capitaine (les chieus (l'Etx)sse du roi chassant le lièvre. Il résigna ses charges en mars 1642, après la mort de sa femme, pour entrer dans les ordres, et mourut en août 1650. Il avait épousé, le 6 janvier 1637, Marie du Pré, fille de Barthélémy du Pré, secrétaire du roi, et sœur de la présidente Amelot, dont il eut trois fils : 1° Jean, qui obtint, le 30 août 1653, la charge de capitaine des chiens d'Ecosse qu'avait eue son père; il s'en démit en mars 1662*. Ayant acheté un guidon dans la compagnie des gendarmes de Monsieur, il eut la tête emportée d'un coup de canon au siège de Lille, le 18 août 1667; 2° Louis, qui suit; 3° Charles, dit le commandeur de Bandeville, né le 24 avril 1640, reçu chevalier de Malte de minorité le 9 mai 1647^ d'abord capitaine dans le régiment de son frère Louis, lui succéda comme colonel à sa mort, en 1674, et céda le régiment en 1677 à M. de Vaubecourt. Il obtint la commanderie de Villedieu-lès-Bailleul en 1684, celle de Villedieu-en-Dreugesin en 1691, celle de Fieffés en 1696, celle de Boncourt, avec la charge de grand hospitalier du prieuré de France, en 1705, devint grand prieur de Champagne en 1707, et mourut à Paris le 24 novembre 1718 3, laissant toute sa fortune, assez considérable, à son ordres

\. Ms. Franc. 30812.

2. Ses preuves pour l'ordre de Malte existent encore dans les archives de la famille de Sevin, et m'ont été bienveillamraent communiquées.

3. Gazette de France du 3 décembre ; son scellé après décès est dans la liasse Y 10835.

'i. On trouvera à l'Appendice du tome III, p. 309-310, le texte de l'inscription commémorative qui fut érigée à Malte en son honueur, pour rappeler cette libéralité; voyez aussi ce qu'en dit notre auteur, tome III, p 280-281.

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IX. Louis Sevin, seigneur de Bandeville, lieutenant au réginaent des gardes françaises en 1668, devint en 1669 colonel du régiment d'infanterie d'Espagny; il mourut le 3 novembre 1674, de blessures reçues à la bataille d'Ensheim. Il avait épousé Angélique-Marie-Madeleine Guérapin de Vauréal, morte le 3 décembre 1712, dont il eut un fils, qui suit.

X. Louis Sevin, marquis de Bandeville, d'abord capitaine dans le régiment de dragons de la Reine, puis colonel d'un régiment d'infanterie qu'il leva par commission (4 janvier 1702), fut tué à la bataille d'Hochstedt, le 13 août 1704, sans alliance.

Il convient d'ajouter à cette généalogie que les Sevin étaient parents ou alliés des principales familles parlementaires de Paris, les Courtin, les Catinat, les Portail, les Colbert, les Cbamillart, les Ormesson, les Le Rebours, les Gabart de Villermont, etc., et même à quelques familles de la cour comme les Alègre et les Frezeau de la Frezelière.

L'auteur des Mémoires et son œuvre.

Après avoir établi la filiation de notre auteur, il y a lieu de s'étendre davantage sur lui-même. Onzième enfant d'Augustin Sevin et de Marguerite de Glapion, né en 1677*, ayant perdu sa mère peu après, Joseph Sevin eut une enfance assez malheureuse. Recueilli par son oncle le prési-

i. Il est dit âgé de vingt-un ans lorsqu'il est émancipé le 28 janvier 1699 (Y 4077).

xvni NOTICE PRÉLIMINAIRE.

dent au Parlement, et placé par lui dans divers collèges, il fut admis en janvier 1G97 dans la seconde compagnie des mousquetaires du roi, dits mousquetaires noirs, et prit alors le nom de chevalier de Quincy. Il y resta quatre ans et demi, et les quitta le 20 octobre 1701 pour entrer comme enseigne dans la compagnie colonelle du régiment de Bourgogne. Ce régiment, alors en Italie, était commandé par le marquis de Dreux, gendre du ministre d'État Chamillart, allié des Sevin. Notre chevalier n'eut pas le temps de remplir les fonctions de cet emploi : il reçut le grade de lieutenant le 16 janvier 1702, un peu avant de partir pour rejoindre son poste.

Il gagna donc l'Italie au printemps de cette même année et y resta jusqu'à la déroute de Turin (septembre 1700) ; il rentra alors en France avec l'armée. Entre-temps, il avait été nommé capitaine (31 janvier 1703), grade qu'il devait conserver jusqu'à la fin de sa carrière militaire. Il servit en Provence et en Dauphiné en 1707, en Flandre de 1708 à 1712, et fit sur le Rhin la campagne de 1713. Sa compagnie fut réformée à la paix d'Utrecht; mais il ne quitta définitivement le service qu'en 1720, après avoir, à mainte reprise, sollicité du Régent un régiment, qu'il ne put obtenir; on lui donna comme conipensation la croix de chevalier de Saint-Louis.

Six ans auparavant, le 28 mai 1714, il avait épousé une riche veuve, de famille parisienne et d'âge déjà mûr, puisqu'elle était née en 1678, Madeleine de Sève, parente d'un évêque d'Arras et veuve en premières noces d'Anne Potier, seigneur de Notre-Dame-du-Parc*. La fortune que

t. Il parle assez longuement des débuts de leur connaissance dans ses Mémoires, tome III, p. 207-209.

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