NOTICE PRÉLIMINAIRE. V
SOUS Néron ^ Il est inutile d'insister sur cette origine fantaisiste conforme aux liabitudes de l'époque ; ce qu'on peut dire, c'est que les Sevin restés au nord de la Loire se subdivisaient, aux xvf et xvif siècles, en plusieurs branches, notamment celles de Villevé et Villemesle-, de Miramion en
prélat que notre auteur fait allusion (ci-après, p. 2) lorsqu'il dit que sa famille était illustre dans l'Église; il en parle d'ailleurs dans le tome II, p. 235. — Est-il nécessaire de faire remarquer qu'au x« siècle les noms de famille n'existaient pas, et que ce nom de Sevin était un prénom comme Guérin, Perrin, Liévin, etc.; que, si cet archevêque eut un frère qui ait eu postérité, celui-ci porta un autre prénom; que, lorsque les noms de famille commencèrent, deux ou trois siècles plus tard, à être en usage, il n'y avait aucune raison pour que ses arrière-neveux prissent son nom comme nom patronymique? En tout cas, rien ne l'établit, ou même ne peut le faire supposer. En outre, selon laiGallia, cet archevêque aurait été neveu de Rainard, comte de Sens ; il serait bien étonnant que les descendants d'un si puissant seigneur soient devenus de simples bourgeois d'Orléans. Enfin, le nom de Sevin, comme tous les noms de baptême pris pour noms patronymiques, n'est point rare en France. On peut citer une ancienne famille de la Tarentaise et une autre du pays d'Alençon qui semblent bien n'avoir aucun lien avec nos Sevin. Il en est de même de ces Sevin du Bordelais dont d'Hozier enregistra les armoiries en 1700 : d'argent à la croix ancrée de sable (ms. Franc. 29184, dernier feuillet), et de ces Sevin de la Gordinière sur lesquels ce même d'Hozier a recueilli un certain nombre de documents généalogiques. A d'autres familles aussi appartenaient Pierre- Paul Sevin, peintre ordinaire du roi (Dictionnaire critique de Jal, p. 1132), et l'huissier de la chambre de Madame Victoire qui acheta en 1771, du roi Louis XV, la petite maison de la rue Saint-Médéric, à Versailles, connue sous le nom de Parc-aux-Cerfs (contrat publié par Le Roi, Histoire de Versailles, t. II, p. 265). De nos jours, l'on trouverait sûrement bon nombre de Sevin qui n'ont aucune relation avec la famille qui nous occupe.
1. Si le rédacteur de cette généalogie avait connu les lois de la linguistique, il eût dû, avec plus de vraisemblance à ce point de vue, rattacher les Sevin au gaulois Sabinus, le mari de la touchante Éponine, compétiteur malheureux de Vespasien.