‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 45 sur 203 · Levé en 1688 par Boufflers et licencié en · texte numérisé non relu

Levé en 1688 par Boufflers et licencié en

28 MÉMOIRES [Juillpt 1710]

Tori^'iiy\ u» de Saiut-Évroniond', un dWrlagiian^ et un du Tlîil, une compagnie de canonniers et une de bombardiers^.

En arrivant au camp près d'Arras, je fus commandé pour la grande garde sur le bord de la Scarpe. Je n'y fus pas plus tôt arrivé, que j'entendis un grand bruit de mous(jucterie sur ma droite. G'étoil un corps de quatre mille grenadiers (jui étoit venu vis-à-vis le poste de la brigade du Roi pour jeter un pont sur la Scarpe, près Fanipoux; mais, dès qu'ils virent venir un gros corps de nos troupes au secours du capitaine de la brigade du Roi, ils se retirèrent. Un autre détachement ennemi voulut aussi occuper pendant ce temps-là l'abbaye de MareuiP, qui est près d'Arras; il en fut aussi repoussé par nos troupes.

Les mouvements des alliés nous firent conjecturer que leur dessein avoit été de tâcher de passer la Scarpe, pour nous venir combattre ou pour faire le siège d'Arras; mais la rapide marche du maréchal de Villars les fit changer de projet. Je fus très alerte pendant toute la nuit ; j'entendois un mouvement con-

1. Formé en 1706 avec des milices normandes, il fui supprimé en 1713.

2. Ce régiment et celui du Thil furent levés en 1702 cl licenciés à la fin de la guerre j le premier était coniniand*' par un neveu du fameux Sainl-Evremond.

3. Composé de compagnies franches en 1702 et commandé par le futur maréchal de Montesquiou, puis par son neveu, il fut incorporé en 1714 dans le régiment de Tallard.

4. Il y a dans les Mémoires militaires, p. 21)5, un élat de la garnison de Béthune, qui diffère sensiblement de celui donné par notre auteur.

5. Abbaye d'Auguslins fondée au x* siècle, à deux lieues nord-ouest d'Arras.

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tinuel de troupes qui étoient en marche de l'autre côté de la rivière, assez près de mon poste. J'en fis avertir notre brigadier et notre colonel.

Le 12, de notre camp nous entendîmes la générale, l'assemblée et la marche de l'armée ennemie, qui fut camper à Acq ^ , où elle appuya sa droite et sa gauche près du Mont-Saint-Éloi. Le maréchal de Villars, à la tète de quatre-vingts escadrons et de dix bataillons, voulut charger leur arrière-garde ; mais il arriva trop tard. On prit un adjudant général du- prince de Hesse- Gassel, avec six chevaux de main 2.

La marche des ennemis nous fit décamper et marcher sur le Grinchon, petite rivière qui prend sa source au village de Bailleulmont, à trois lieues et demie au-dessus d'Arras^. Nous avions notre droite près de cette ville et notre gauche appuyée à Réduise*, près d'un bois, dans lequel on fit un grand abatis, afin de l'assurer, et nous nous retranchâmes le long du Grinchon. Gomme nous étions de la droite, il n'y avoit qu'un pas de notre camp à Arras, où nous allions tous les jours, ou à la comédie, qui étoit assez bonne, ou à des assemblées : ce qui nous faisoit passer agréablement notre temps.

Le 15 au soir, nous apprîmes que les ennemis avoient investi Béthune, et que MM. Fagel^ et de Schu-

1. Le chevalier a écrit : Aire, ou Acre. C'est Acq, Pas-de- Calais, canton de Vimy.

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