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Antoine-Michel de Roger de Fréville avait été fait briga

',2 MÉMOIRES [Août 1710]

en chef, et M. de Vallièi'e', coinniaiidaiit l'artillerie.

Aire. — La ville d'Aire a dix bastions royaux, dix demi-lunes et deux ouvrages à cornes. Elle est située, comme je l'ai déjà dit, sur la Lys; elle est de la province d'Artois. Les rues en sont larges, les églises belles, aussi bien cjue les places. Elle est à la France depuis le 31 juillet 1076, que le Roi s'en rendit maitre, après cinq jours seulement de tranchée ouverte". Cette place n'est éloignée de Saint-Venant que de deux lieues. Cette proximité engagea les alliés à faire ces deux sièges en même temps ^.

Saint-Venant. — A l'égard de Saint- Venant, le maréchal de Villars y envoya quatre bataillons et six compagnies de grenadiers aux ordres de M. de Selve, lieutenant-colonel du régiment de Picardie et brigadier des armées du Roi*. Les fortitications de cette petite place ne sont que. de terre; cependant sa défense fut aussi belle à proportion que celle des

dicr en môme temps que Robelin; il ne devint maréchal de camp qu'en 1719 et mourut en 1727.

1. Jean-Florent de Vallière, un des plus habiles artilleurs de son temps, était capitaine général des mineurs et lieutenant de l'artillerie depuis 1705. La défense d'Aire lui valut le grade de brigadier. H mourut en 1759, à quatre-vingt-treize ans, lieutenant général et directeur des écoles d'artillerie.

2. Histoire militaire, par le marquis de Quincy, t. I, p. 481-482.

3. Villars avait d'abord cru qu'ils commenceraient par Saint- Venant [Mémoires militaires, p. 82).

4. Jean-Pierre, chevalier de Selve, entré au régiment de Picardie en 1(367, en était devenu lieutenant-colonel en 1698; brigadier en 1704, il avait eu le gouvernement de Saint-Venant en avril 1710, et fut fait maréchal de camp à la suite de sa belle défense.

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autres places que nous perdîmes cette année ^ Le Roi fut si content de ce commandant, qu'il le fit maréchal de camp. Il seroit à souhaiter, pour le bien du service, que S. M. n'élevât aux grades militaires que ceux qui l'ont mérité par des actions distinguées, et non pas, comme il est malheureusement pratiqué en France, par le rang du tableau-. Ce seroit le moyen de donner de l'émulation, non seulement aux officiers généraux et aux officiers particuliers, mais même aux simples soldats, et le moyen de faire de véritables officiers généraux. Les Romains en usoient ainsi.

Les ennemis ouvrirent la tranchée devant Aire la nuit du 12 au 13 septembre, à deux endroits différents. Le prince de Nassau^, chargé de faire le siège de Saint-Venant, ne fut en état, par rapport aux inondations qui environnoient cette place, d'ouvrir la tranchée que la nuit du 16 au 17^.

Le 20, nous apprîmes que M. de Ravignan, maréchal de camp^, à la tète du régiment de Saint-Ghaumont-dragons et de trois mille cinq cents hommes

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