Gant, de Claye, arr. de Meaux (Seine-et-Marne
5. C'est peut-être la seule fois où notre auteur écrit son nom en toutes lettres; ordinairement, il se contente de l'initiale. I 3
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Coucy. — Le 2i2l, à Coucy-le-Ghâteau, en Picardie, petite ville qui a donné son nom à une très ancienne maison qui est fondue dans celle de Luxembourg et ensuite dans celle de Bourbon^. Cette maison de Coucy étoit très puissante; elle possédoit quantité de belles terres, entre autres celle d'Oisy dans l'Artois^, qui appartient au comte d'Oisy, mon beau-frère^. L'abbaye du Verger^, qui est à un demi-quart de lieue du bourg d'Oisy, a été fondée par Enguerrand,
1. La maison de Coucy ne se « fondit » pas dans les maisons de Luxembourg et de Bourbon, comme le dit notre auteur. L'héritière d'Enguerrand VII, Marie, avait épousé Henri, fils du duc de Bar, tué en 1396 à la bataille de Nicopolis. Une partie de ses biens passa aux Luxembourg par le mariage de Bonne de Bar avec Waleran de Luxembourg, comte de Saint-Pol et connétable de France ; mais Marie de Coucy avait vendu, en 1400, au duc Louis d'Orléans, frère de Charles VI, les châtellenies de Coucy et de la Fère. [Histoire généalogique des maisons de Guines, Ardres, Gand et Coucy, par André du Chesne.)
2. Oisy ou Oisy-le-Verger, département du Pas-de-Calais, arr. d'Arras, cant. de Marquion. Les seigneurs de cette terre eurent longtemps la qualité de châtelain de Cambray. Apportée aux Coucy par le mariage d'Enguerrand II avec Marie de Montmirail, sa troisième femme, fille de Jean, seigneur de Montmirail et d'Oisy, elle passa ensuite dans la famille de ïournay et fut érigée en comté, en 1666, en faveur de Philippe de Tournay, qui la laissa par testament, en 1678, à son cousin Julien- Eustache d'Assignies, à charge de relever son nom et ses armes.
3. Charles-Joseph-Eugène de Tournay d'Assignies, comte d'Oisy, petit-fils de Julien-Eustache, né vers 1694, colonel d'un régiment d'infanterie de son nom, mourut aux eaux d'Aixla-Chapelle le 19 juillet 1764.
4. L'abbaye de Notre-Dame-du-Verger, de l'ordre de Cîteaux, fut fondée vers 1225 par Jean, seigneur de Montmirail et d'Oisy, qui se fit moine lui-même à l'abbaye de Longpont.
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seigneur de Coucy; on y voit son tombeau et celui de sa femme, Ade de Roucy* ; il vivoit en 1080. Mon hôte me donna un bon souper, et, le lendemain, bien à déjeuner auparavant de partir pour la Fère. Nous y arrivâmes le 23, et nous y séjournâmes le 24.
La Fère. — La ville de la Fère est dans la Thiérache*, située sur l'Oise et dans un terrain marécageux. Elle étoit, du temps d^Henri IV, la plus forte place de Picardie. Ce prince, après un long siège, s'en rendit le maître, au mois de mai 1596, sur les Espagnols.
Pendant le séjour que nous fîmes à la Fère, il m'arriva une aventure qui pensa être bien triste pour moi. Je fus à la chasse, je me fatiguai infiniment. N'en pouvant plus, je me reposai au milieu d'une grande plaine à perle de vue, où il n'y avoit ni arbre, ni buisson. Pour me désennuyer, je comptai mon petit argent; ce plaisir ne fut pas long : ensuite de quoi, je m'endormis. Au bout de deux heures, je me réveillai, je pris mon fusil, et je m'en retournai à la ville. Quelle fut ma surprise lorsque, en voulant payer quelque chose, je ne trouvai plus ma bourse ! Je cherchai dans toutes mes poches; point de nouvelle, mes recherches furent inutiles. Ma situation
1. Enguerrand l" de Boves épousa Ade de Roucy, dame de Marie, et commença la grandeur de sa maison en s'emparant déloyalement du château de Coucy. Il n'est pas le fondateur de l'abbaye du Verger, comme on l'a vu dans la note précédente, et l'on ignore le lieu de sa sépulture. (A. du Chesne, Histoire généalogique des maisons de Gaines, Ardres, Gand et Cou<:y, p. 191- 195.)
2. Pays situé entre le Hainaut, le Cambrésis, le Vermandois et la Champagne; villes principales : Guise, Vervins, La Fère.
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devenoit des plus tristes et des plus embarrassantes ; car l'on m'avoit donné à peu près l'argent nécessaire pour ma campagne. A la fin, je me souvins que je l'avois compté auparavant de m'endormir. Je cours vite ; il y avoit deux lieues de la Fère à l'endroit où je m'étois reposé. Je cherche ce terrain, mais en vain; c'étoit chercher une aiguille dans une botte de foin ; car, comme je l'ai déjà dit, c'étoit une plaine à perte de vue, où il n'y avoit pas un seul buisson. Mon bonheur voulut cependant, après bien des promenades, que je tombai dans l'endroit même où j'avois laissé mon argent. Le calme est bien doux après un grand orage; je m'en retournai à la Fère, quoique très fatigué, extrêmement content.
Nous en partîmes le 25, pour aller coucher dans un village dont je ne me ressouviens plus du nom.
Le Cateau. — Le 2!6, au Gateau-Gambrésis, petite ville située sur la petite rivière de Selle ^, qui prend sa source à Bohain et va se jeter dans l'Escaut vis-àvis l'abbaye de Denain^. Elle appartient en souveraineté aux archevêques de Gambray et a été très funeste à la France par le traité qu'Henri II y conclut avec PhiHppe II, roi d'Espagne, en 1559^.
Le Quesnoy. — Le 27, au Quesnoy. Gomme les partis des ennemis se promenoient de temps en
, 1. Ou plutôt Seille.
2. L'abbaye de Notre-Dame était alors occupée par un chapitre de douze chanoinesses nobles, dirigées par une abbesse régulière. Son revenu était de vingt mille livres.
3. Par ce traité, signé le 2 avril 1559, la France restituait à l'Espagne cent quatre-vingt-neuf villes ou places fortifiées en Italie et en Flandre.
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temps entre ces deux villes, on fit un détachement pour couvrir nos équipages, dont je fus. La ville du Quesnoy est de la province du Hainaut et est très forte. Les François la possèdent depuis l'année 1654*. Pendant les quinze jours environ que nous y restâmes, je m'en allai à Mons avec le chevalier de Guénaud, qui étoit de Bourgogne, suivis chacun d'un valet. Ce jeune homme fut tué en duel, trois ou quatre années après, à Paris, par la Bussière', qui venoit de quitter le petit collet, et qui est entré depuis dans le régiment de Bourgogne ^ Ils étoient tous deux mes bons amis. Nous croyions, le chevalier et moi, d'y trouver le régiment Dauphin, dans lequel il avoit un frère, aussi bien que moi. Nous n'avions aucune escorte. A peine fûmes-nous sortis d'un bois, nommé le bois de Sart*, qui se trouve entre les deux villes, que nous en vîmes sortir une trentaine d'hussards. La partie n'étoit pas égale; il fallut donc donner des deux. Comme nous étions bien montés, nous arrivâmes bientôt à Mons. Le régiment Dauphin en étoit parti pour aller cantonner à Jeumont^.
1. Turenne s'en empara sans coup férir le 6 septembre. {Gazette, p. 116.)