‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 177 sur 207 · Entre Casai et Vigevano, sur les bords de l'Aibonea · texte numérisé non relu

Entre Casai et Vigevano, sur les bords de l'Aibonea

2. La Lomelline ou Laumelline est située dans le Milanais, entre Pavie et Casai, le long du Pô, qui la sépare en deux parties. Mortara et Valence en sont les deux villes principales.

3. Brema, dans le Milanais, près du confluent de la Sesia et du Pô, à moitié chemin de Casai et de Valence, sur les frontières du Montferrat et de la Lomelline.

4. Charles P' de Blanchefort, sire de Créquy, duc de Lesdiguières par suite de son mariage avec la fille du connétable, maréchal de France en 1622, fut tué en effet d'un coup de

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tion du pays est qu'il y avoit écrit sur le boulet qui le frappa : A toi, Créquy !

Pendant que nous demeurions campés dans cet endroit, nous allions, d'Esgrigny et moi, à Casai. M. le duc de Mantoue y étoit depuis quelque temps, et M. de Vendôme y faisoit sa résidence en attendant les ordres de la cour. Il y avoit opéra; j'y entendis pour la première fois un opéra italien. Le récitatif me parut affreux ; c'est une manière de déclamation forcée; mais, à la fin de chaque scène, il y a une ariette qui vous récompense bien de l'ennui qu'il vous a fait essuyer. L'orchestre étoit excellent; il n'y avoit ni danse ni chœurs ; les décorations magnifiques et plus recherchées que les nôtres ; ils en changent plus souvent. Enfin, malgré ma prévention, j'en fus très content, et surtout de la voix de M"® Santini et de celle de la Diamantini; celle-ci étoit maîtresse de Campistron^

D'Esgrigny me mena chez une dame, qui avoit été la maîtresse de son père pendant la guerre de 1688. J'y vis M"^ de ***, dont je devins amoureux, et, comme d'Esgrigny l'étoit de son côté de l'amie de celle à qui je m'étois attaché, nous étions toujours tous quatre ensemble. Il fallut cependant quitter pour longtemps ce charmant séjour. D'Esgrigny étoit si pénétré de la

canon le 17 mars 1638, non pas au siège de Brème, mais à celui de Crème, ville du Milanais, sur le Serio.

1. Jean Galbert de Campistron (1656-1723), auteur de plusieurs tragédies et opéras, avait été reçu à l'Académie française en 1701 ; il était, depuis 1690, secrétaire des commandements du duc de Vendôme, dont il partageait les débauches.

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tendresse qu'il avoit pour M"® de..., qu'il ne vouloit plus quitter Casai, et ce ne fut qu'à force de raisons et de prières que je le ramenai au camp. Le pauvre diable, pendant tout le chemin, ne faisoil que regarder du côté de cette ville, et il ne discontinuoit point de jeter de grands soupirs, sans me dire une seule parole, excepté qu'à deux lieues de Casai, il me dit presque en pleurant : « Vous êtes de mes amis ; mais, « pour le présent, je vous hais comme tous les « diables. » Je riois comme un fol ; mon amour pour M"° de *** n'étoit pas violent : je ne pouvois oublier ma comtesse de Reggio^ En vérité, les amoureux sont bien sots, mais bien à plaindre.

Casai. — La ville de Casai est capitale du Montferrat ; elle étoit une des plus fortes places d'Italie ; elle est située sur le Pô. Il y a de belles églises; sa situation est agréable ; il y a un évêché suffragant de Milan. Le château, où demeure le duc de Mantoue, est fort commode. Elle appartient présentement, aussi bien que le Montferrat, au roi de Sardaigne, duc de Savoie^.

Pendant le séjour que l'armée campa entre Mortare et Brème, M. de Vendôme eut avis que M. de Visconti étoit parti, à la tête de trois mille chevaux de l'armée de Stahremberg, pour aller en Piémont par le Modénois, le Parmesan, le Plaisantin et l'Alexandrin. Il envoya aussitôt quatre compagnies de grenadiers et sept cents chevaux, aux ordres du marquis de Dreux,

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