Ville fortifiée du Montferrat
6. Rivière qui prend sa source dans les montagnes de Ligurie, reçoit l'Orba et se jette dans le Tanaro, au-dessous d'Alexandrie.
7. San-Sebastiano-Curone ou di-Tortona, village situé sur la rive droite du torrent du Curone.
8. Le manuscrit porte Z)e/'«i; c'est un village sur une colline, un peu au sud de San-Sebastiano.
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tête de ses troupes. M. de Dreux, qui l'avoit joint, Tavertit que les ennemis, qui avoient campé dans cette vallée, étoient à cheval pour continuer leur marche, et qu'il auroit beaucoup de peine à joindre leur arrière-garde. Ce général ne discontinua pas de marcher avec les grenadiers aux Impériaux ; mais il ne pouvoit aller à eux que par un défilé. Cependant il fit tant de diligence avec ses grenadiers, qu'il atteignit trois escadrons qui favorisoient l'arrière-garde.
Auparavant d'attaquer les ennemis, il ordonna à M. de Ghemerault* de s'emparer, avec trois compagnies de grenadiers, d'une petite montagne qui commandoit la droite des troupes. Dès qu'elle fut occupée, les grenadiers attaquèrent les Impériaux si vivement, qu'ils plièrent sur-le-champ. Nos housards, voyant le désordre dans les escadrons ennemis, y entrèrent pèle-mèle, ce qui les obligea de fuir du côté de San- Sebastiano. M. de Visconti, qui vouloit favoriser la retraite de ses troupes, fit ferme à un défilé par où il falloit passer pour les suivre. Ce qu'ayant aperçu M. de Chemerault, qui avoit été joint par M. de Maulévrier-Langeron^, colonel du régiment d'Anjou-infan-
1. Jean-Noël de Barbezières, comte de Chemerault, était lieutenant général depuis 1702; il sera tué à Malplaquet le 11 septembre 1709.
2. Jean-Baptiste-Louis Andrault, marquis de Maulévrier- Langeron (1677-1754), deviendra brigadier en 1704. Il fut ambassadeur à Madrid de 1720 à 1723, en même temps que Saint-Simon, qui a donné de lui à cette époque (t. XVIII de 1873, p. 186-189) un portrait curieux, mais peu flatteur. « Je ne sais, dit-il, où l'abbé Dubois avait pris un animal si mal peigné. » Cependant, lorsque, en 1745, il sera nommé maréchal de France, le duc de Luynes dira [Mémoires, t. VI, p. 377) qu'il
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terie*, et qui commandoit cent cinquante chevaux, il coula le long du revers de la petite montagne qu'il avoit occupée auparavant de la première attaque, et ensuite il chargea si brusquement les ennemis qui gardoient ce défilé, par leur flanc, qu'il les fit abandonner ce poste. Les Impériaux cependant se rallièrent sur une hauteur, qui étoit derrière celle d'où ils venoient d'être chassés, après avoir passé un ravin où ils perdirent bien du monde ; mais nos grenadiers et notre cavalerie, ayant monté cette hauteur, firent une seconde attaque et une seconde charge si à propos, aidés par quelques grenadiers qui se placèrent au flanc des ennemis, qu'ils furent mis en déroute. Ce ne fut après que désordj-e et confusion. Ils perdirent, dans cette dernière attaque, beaucoup de monde. Davia, fameux partisan, y fut blessé; MM. de Salm^ et de Roccavione, tous deux colonels, y furent blessés. On fit quatre cents prisonniers, dont un adjudant général, quatre capitaines, trois lieutenants et trois cornettes. Il y eut huit cents chevaux de pris, et les équipages de M. de Visconti, où étoit sa vaisselle d'argent^. C'est ce même Visconti qui fut si bien battu, à la tète encore de trois mille chevaux, à Santa-
était estimé comme militaire et que sa promotion fut universellement approuvée.
1. Ce régiment, levé en 1625 par le duc de la Force, prit en 1670 le nom d'Anjou, et celui d'Aquitaine en 1753.
2. Ce prince de Salm est peut-être Philippe -Guillaume, qui devint, en octobre 1711, premier écuyer de l'impératrice et mourut le 25 août 1719.
3. Dangeau, t. IX, p. 339-340; Sourches, t. VIII, p. 209- 213; Mercure de novembre, p. 257-274; Gazette, p. 568-569; Mémoires militaires, t. III, p. 300-305.
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Vittoria, dans le Modénois, au mois de juillet 1702, par M. de Vendôme*.
La déroute de San-Sebastiano fut si grande, que les ennemis s'enfuirent par trois endroits différents. Il y eut cinq cents chevaux qui se retirèrent dans le faubourg de Saint-Pierre-d'Arena de Gênes. Au milieu de la nuit qui suivit ce combat, ils eurent une si grande alarme, qu'ils demandèrent à entrer dans la ville : ce qui leur ayant été refusé, ils voulurent se sauver le long des murailles de cette ville; mais les Génois leur tirèrent quelques coups de fusil, et les contraignirent par là à prendre un autre chemin, par où ils se rendirent en Piémont. Ainsi ce fut un bonheur pour M. de Savoie, car ils vouloient gagner le Modénois pour se rendre à l'armée du comte de Stahremberg. Nous ne perdîmes dans ce combat qu'un lieutenant des grenadiers, quelques grenadiers et quelques cavahers de tués et de blessés. Le comte de Ghemerault et M. Thouvenot^, capitaine des housards, furent du nombre des derniers. Les ennemis ne faisoient point ferme à aucune attaque.
Quelques jours après le retour de M. de Vendôme à Casai, le courrier qu'il avoit envoyé à la cour, pour y faire part de la réponse de M. de Savoie à la lettre du Roi, apporta les derniers ordres pour entrer en Piémont. Ce prince, sans perdre de temps, ordonna au comte de Vaubecourt de passer le Pô avec l'armée à Brème, afin de se rendre, le 6 novembre, à Quat-