‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 19 sur 207 · Ou plutôt Trouille · texte numérisé non relu

Ou plutôt Trouille

2. Le chapitre de Sainte- Waltrude, composé de trente chanoinesses nobles.

3. Cette date est erronée. Le siège fut commencé le 15 mars; le roi y arriva le 20, et la place se rendit le 10 avril. (Gazette, p. 154-155, 164-168, 176-180 et 188-191.)

4. C'était le fils, né tardivement, d'Esprit Cabart, sieur de Villermont, l'ami et le confident de M. et M™* Scarron, et de sa femme Éléonore de Broé de la Guette. (A. de Boislisle, Paul Scarron et Fimnçoise d'Aubigné, p. 45.)

5. Punition infligée aux soldats pour des fautes légères. Le condamné, les épaules nues, passait entre la compagnie disposée sur deux rangs. Chaque soldat tenait une baguette et en assenait un coup sur les épaules du patient.

[Mai 1697] DU CHEVALIER DE QUINCY. 39

Le lendemain que nous fûmes de retour au Quesnoy, nos commandants reçurent un ordre du maréchal de Villeroy^ qui devoit commander la grande armée, de se rendre avec les deux détachements des mousquetaires à Mons. Nous y arrivâmes le 14 mai. Tout le reste de la Maison du Roi, aux ordres du marquis de Gassion^, y étoit arrivé. Le 15, comme nous étions à l'Opéra et que M™® Armide chantoit : Vous partez, Renaud, vous partez^/ nos officiers vinrent nous avertir que l'on alloit monter à cheval dans le moment. Il fallut quitter le spectacle bien vite, et nous n'eûmes que le temps de boire un coup, pour nous rendre sur la place, où nous trouvâmes la Maison du Roi en bataille. Sur les dix à onze heures du soir, nous sortîmes de Mons sans savoir où nous allions. La nuit étoit fort obscure; nous passâmes plusieurs défilés, et par un endroit si serré que l'on défiloit un à un. Le mousquetaire qui marchoit devant moi s'endormit ; je ne m'en aperçus qu'au bout d'une demi-heure. Je le réveillai ; la file étoit perdue. Nous nous mîmes à galoper à toute bride, et ce ne fut qu'après un temps très considérable que nous la gagnâmes. Il ne faut souvent qu'une circonstance comme celle-là pour faire perdre une colonne; les

1. François de Neufville, duc de Villeroy (1644-1730), maréchal de France depuis le 27 mars 1693.

2. Jean, chevalier, puis comte de Gassion, lieutenant de la compagnie Villeroy des gardes du corps, maréchal de camp (1692), lieutenant général (1696), gouverneur de Dax et de Mézières; il mourut en novembre 1713.

3. Renaud et Armide, opéra de Quinault et Lully, joué pour la première fois pendant l'hiver de 1685-1686.

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officiers ne peuvent avoir trop d'attention pour faire serrer pendant la nuit les cavaliers et les soldats. Enfin nous arrivâmes, à la petite pointe du jour, devant Ath^, que nous investîmes du côté de Bruxelles et d'Oudenarde avec les troupes que le maréchal de Catinat^ avoit amenées d'Helchin^, pendant que le prince Camille^, à la tête de quatre mille chevaux, l'investissoit du côté des lignes. Sur les dix heures du matin, nous vîmes sortir plusieurs carrosses de la place ; c'étoit la comtesse de Rœux, femme du gouverneur^, et plusieurs autres dames, qui avoient eu permission du maréchal de Gatinat de se retirer^.

Ayant passé la nuit du 1 6 au 1 7 au bivouac, nous allâmes joindre l'armée du maréchal de Villeroy, qui étoit à Leuze', en l'endroit même où le maréchal de

1. Située sur la Dendre, entre Mons et Oudenarde, la ville d'Ath, investie le 15 mai, se rendit le 5 juin, comme on le verra plus loin.

2. Nicolas Catinat (1637-1712), maréchal de France depuis le 27 mars 1693. Il avait commandé en Piémont jusqu'en 1696, et on venait de lui donner une armée en Flandre. Nous le retrouverons en Italie en 1701.

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