‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 23 sur 207 · Hameau près de Leuze · texte numérisé non relu

Hameau près de Leuze

3. A sept kilomètres de Leuze, sur la route d'Ath. C'est en 1605 que cette seigneurie avait été érigée en principauté.

4. Actuellement chef-lieu de canton de l'arrondissement de Soignies, au nord d'Ath. L'industrie de la toile y a disparu.

5. Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707) était lieutenant général depuis le 24 août 1688, gouverneur de la citadelle de Lille et commissaire général des fortifications. Il deviendra maréchal de France en 1705.

[Mai 1697] DU CHEVALIER DE QUINCY. 43

couvrir les courtines, de bons fossés et un excellent chemin couvert. Le feu de la place est très rasant.

Je ne puis revenir de la politique de Louis XIV d'avoir fait fortifier si parfaitement bien tant de places et de ne les avoir pas gardées, ou bien de ne les avoir pas fait démolir auparavant de les rendre. Toutes les fois que je passois à Ypres, à Menin, à Tournay, le cœur me saignoit de voir entre les mains de nos voisins de si bonnes et belles places, de voir les armes de la France, accompagnées de trophées faits à la louange de Louis XIV, sculptées sur toutes les portes, et les fleurs de lis sur toutes les guérites. Je ne pouvois pas m'empêcher de me dire à moimême : « Ces trophées en bas-relief sont bien plutôt < à la gloire des ennemis de la France qu'à la gloire c de la nation françoise. » Quelles fortifications Louis XIV n'a-t-il pas fait faire à Luxembourg et à Fribourg-en-Brisgau ! Ce sont des places presque imprenables, et de terribles armes que nous avons forgées contre nous.

Revenons à Ath. Cette ville est encore dans le Hainaut, située sur la rivière de Dendre. Elle est assez belle et riche, quoique petite. Il y a près de la place un arc de triomphe à la louange de Louis XIV et de la Reine son épouse. La garnison consistoit en trois mille six cents hommes, deux cents mineurs et une trentaine de canonniers. Elle n'étoit pas assez nombreuse par rapport à la place, les ennemis n'ayant pas cru qu'elle dût être assiégée. Le comte Acquaviva* et le marquis de Risbourg, de la maison de

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