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Ce fort, dont le nom est encore de nos jours attribué à

[Juin 1697J DU CHEVALIER DE QUINCY. 49

nous serions aussi rendus maîtres du canal, et, par ce moyen, toute communication auroit été rompue de l'armée ennemie avec la Hollande et le reste du Brabant. Par sa prévoyance, ce grand prince para un coup si important et nous empêcha, le reste de la campagne, de faire d'autres conquêtes, quoique nous avions vingt mille hommes de plus que les alliés.

Après ce projet manqué, l'armée de Villeroy campa à Sainte-Marie-Audenhoven^, et celle de Boufflers à une demi-lieue en deçà de Notre-Dame-de-Hal^, sa droite appuyée à la rivière de Senne et sa gauche joignant presque la droite de la grande armée. Ce fut quelque temps après les mouvements de ces armées que commencèrent les conférences du maréchal de Boufflers avec milord Portland^. La première entrevue* se fit dans une petite plaine à une demilieue en deçà de Notre-Dame-de-Hal, et non pas dans

un lieu-dit, était à une lieue au nord de Bruxelles et dominait le canal de Willebroeck, qui mettait Bruxelles en communication avec Anvers, l'Escaut et la Hollande.

1. Audenhoven-Sainte-Marie, à mi-chemin entre Ninove et Audenarde.

2. Quincy écrit : Notre-Dame-des-Halles. C'est Hal, en Brabant, au sud-ouest de Bruxelles, sur la route de Soignies. (Voy. p. 50, note 4,)

3. Jean -Guillaume, baron de Bentinck, favori du prince d'Orange, avait été l'un des promoteurs de la révolution d'Angleterre en 1688, et Guillaume III l'avait créé comte de Portland. Il mourut en 1709.

4. Elle eut lieu le 8 juillet. [Gazette, p. 239; Dangeau, t. VI, p. 148.) Ces conférences avaient été demandées par le prince d'Orange dans l'espoir d'arriver à la paix plus promptement que par l'entremise des plénipotentiaires réunis à Ryswyk. [Mémoires de Saint-Simon, éd. Boislisle, t. IV, p. 227-228.)

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un château, comme le dit l'historien de VHistoire militaire de Louis XIV^ ; il auroit dû faire voir son ouvrage, non seulement aux officiers généraux et aux officiers particuliers, mais même à ses propres frères, quoique simples capitaines d'infanterie^, qui s'étoient trouvés dans les batailles, combats et autres actions particulières où il ne s'étoit pas trouvé lui-même, auparavant de le faire imprimer; il ne seroit pas tombé, comme il a fait, dans plusieurs fautes inexcusables^.

Je me trouvai avec mon frère, capitaine dans Dauphin, dont le régiment étoit de l'armée de Boufflers, à cette première conférence. Après avoir dîné, nous montâmes à cheval, et nous arrivâmes à Notre-Damede-Hal une heure auparavant le maréchal. En l'attendant, nous fûmes voir l'église, qui est fort renommée par rapport à la dévotion que tous les habitants des environs y ont pour la sainte Vierge*. Je vis dans cette église nos armes ^ sur un grand tableau de velours noir attaché à un pilier. Je m'informai au

1. Tome III, p. 310. On se rappelle que l'auteur de cet ouvrage est Charles Sevin de Quincy, frère de notre chevalier.

2. Outre notre auteur, capitaine au régiment de Bourgogne, trois autres de ses frères ne dépassèrent pas ce grade : ce furent François-Thierry Sevin, sieur de Bussy, capitaine dans Chartres-infanterie ; Pierre, sieur du Plessis, dans Dauphin, et Alexandre, sieur de la Martinière, dans la Marine.

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