Voyez la Rose dans l'antiquité et au moyen âge, par Ch
[Mai 1701] DU CHEVALIER DE QUINCY. 129
Nogent-sur-Seine. — Le 15, à Nogent-sur-Seine, situé sur cette rivière, qu'on y passe sur un pont de pierre. Cette ville est de la province de Champagne et est très jolie. Nous y séjournâmes le 16.
Méry. — Le 17, à Méry*, petit bourg.
Troyes. — Le 18, à Troyes, ville capitale de la Champagne. Elle est située dans une plaine, sur la Seine. Il y a un évêché suffragant de Sens. Elle est fort ancienne, et son commerce est très considérable. L'église de Saint-Pierre, qui est la cathédrale, est fort belle ; son chapitre est de quarante chanoines. Il y a deux collégiales, six paroisses, l'abbaye de Saint- Loup^ et un grand nombre de couvents de religieux et de religieuses. Cette ville n'a jamais voulu souffrir les Jésuites ; il y a un collège des Pères de l'Oratoire. Saint Loup, qui est le huitième évéque, empêcha Attila, roi des Huns, de la piller; elle l'a été ensuite par les Normands. Je fus voir le palais des anciens comtes de Champagne; ils y faisoient leur demeure. Il y a un bailliage et un siège présidial ; on y a tenu plusieurs conciles^. Mon hôte, nouvellement marié, nous régala si bien, qu'il en fit caca dans son lit auprès de sa jeune épouse ; il en fut bien badiné le lendemain. Pendant le séjour que nous y fîmes, nous donnâmes un concert aux dames, où j'accompagnai de
Joret (1892). Des sachets de satin remplis de roses étaient le présent habituel des Provinois, lorsqu'un souverain traversait leur ville. [Gazette de 1650, p. 585.)
i. Méry-sur-Seine, Aube, arrondissement d'Arcis-sur- Aube.
2. Abbaye de chanoines réguliers, de l'ordre de Saint-Augustin, fondée dès le vu® siècle.
3. On peut citer surtout celui de 1138, dans lequel fut approuvé l'ordre des Templiers.
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ma basse de viole, que je faisois porter sur mon petit équipage. Le comte d'Albaret^ et son cousin le chevalier Solari^, Piémontois, étoient des acteurs, le premier du clavecin, dont il jouoit parfaitement bien, et le second du violon. Nous avions de belles voix dans la compagnie, entre autres De Jean, qui est mort étant maréchal de camp^.
Vendeuvre. — Nous partîmes de Troyes le 20, pour aller à Vendeuvre*, petite ville dont M. de Mesgrigny, conseiller au parlement de Paris ^, est seigneur. On prétend que ce sont les Vandales qui l'ont
1. Antoine-Marie de Ponte d'Albaret, fils de l'intendant du Roussillon. Il acheta, en février 1704, le régiment étranger du marquis de Thouy et eut par la suite le commandement de Perpignan et la charge de premier président du conseil souverain de Roussillon. Il mourut en octobre 1750.
2. Ce Solari, d'abord capitaine au régiment de Saint-Second, quitta le service de France en 1703 pour retourner près du duc de Savoie, et devint par la suite brigadier, lieutenantcolonel des gardes du roi de Sardaigne Charles-Emmanuel, et premier écuyer de la reine sa femme. C'est lui qui fut chargé, avec le marquis d'Ormea, d'aller arrêter Victor-Amédée à Moncalieri, dans la nuit du 27 au 28 septembre 1731. A l'occasion du siège de Verceil en 1704, notre auteur nous dira que ces Solari étaient trois frères, et nous donnerons alors quelques détails sur les deux autres et sur leur famille.
3. La Chronologie militaire de Pinard ne mentionne aucun De Jean parmi les maréchaux de camp. C'est sans doute Richard De Jean, d'abord mousquetaire, puis garde-marine, capitaine au régiment Royal-Comtois, chevalier de Saint-Louis et commandant de Fort-Louis en Amérique en 1717, qui revint peu après mourir en France.