‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 81 sur 207 · Non pas la Meuse, mais la Moselle · texte numérisé non relu

Non pas la Meuse, mais la Moselle

[Août 1701] DU CHEVALIER DE QUINCY. 153

toutes celles de nos généraux, mais bien sa présence en Italie qui nuisoit aux vues du Savoyard. Il connoissoit la prudence, la sagesse et la pénétration de M. de Catinat, et que son grand génie n'étoit que trop capable pour découvrir ses trahisons et ses mauvaises manœuvres contre les deux couronnes. A quels malheurs les princes ne sont-ils pas exposés? Les personnes qui paroissent leur être les plus attachées sont les premières à leur en imposer ; nous le voyons tous les jours. Ces maudits courtisans ne songent qu'à leurs intérêts, et, pour y réussir, ils trahiroient mille fois et leur patrie et leur prince i. Nous ne fûmes pas longtemps sans nous apercevoir de la faute qu'on avoit faite de donner le commandement de l'armée d'Italie au maréchal de Villeroy, comme nous le dirons dans la suite de ces Mémoires. Retournons à Metz.

Metz. — Cette ville est très grande, les maisons mal bâties; la situation en est charmante. La Moselle y passe à côté. Cette rivière prend sa source aux monts des Vosges, sur la frontière d'Alsace et de Franche-Comté, près de Bussang, village^. Elle passe à Épinal, à ChâteP, à Charmes^, à Bayon^, à Chaligny^, à Toul, à Pont-à-Mousson, à Metz, à Thion-

1. Voyez, sur les intrigues qui amenèrent le remplacement de Catinat par Villeroy, les Mémoires de Saint-Simon, t. IX, p. 55 et suivantes.

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