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2. L'épisode du chien de Montargis a été ajouté après coup sur un feuillet supplémentaire.

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tout ensanglanté, avec ses habits et son argent dans ses poches. Après le procès-verbal fait, on fit transporter le cadavre chez lui, et ensuite on l'enterra avec les cérémonies ordinaires. L'action du chien donna beaucoup de soupçon contre l'assassin, d'autant plus que, toutes les fois que cet animal l'apercevoit, il se jetoit toujours sur lui. Enfin, tous les gens de la justice, bien persuadés que c'étoit lui qui avoit commis ce crime, le firent arrêter et le condamnèrent à se battre avec un bâton à la main contre le chien, et il fut ordonné qu'il y auroit un tonneau du côté du chien, où cet animal pourroit se réfugier lorsqu'il seroit fatigué, et où le gentilhomme ne pourroit lui faire aucun mal pendant qu'il y seroit. Le combat dura très longtemps ; mais enfin le chien s'élança avec une si grande rapidité sur lui, qu'il le prit par la gorge, le culbuta par terre et l'étrangla. Le mourant, auparavant de rendre le dernier soupir, avoua son crime. Ce jugement fut très approuvé, quoiqu'il n'y avoit point de témoin ^

Gien, — Le 20, à Gien, qui est une petite ville dans la Beauce. La Loire y passe sous un très beau pont; elle a titre de comté.

La Charité. — Le 21, nous en partîmes de bon matin pour aller dans un château en Berry. Le seigneur du lieu, parent de M. d'Arconville, nous y fit très bonne chère. Nous trouvâmes^ le lendemain 22!, nos équipages à Gosne, après avoir repassé la Loire, et nous

1. M. Lemolt-Phalary a publié un travail sur la légende du chien de Montargis dans les Mémoires de la Société des sciences, belles-lettres et arts d'Orléans, année 1840, et a démontré qu'elle n'avait aucun fondement historique.

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fûmes coucher à la Charité, petite ville sur la même rivière, qui a souffert beaucoup pendant la guerre des I huguenots.

Nevers. — Le 23, à Nevers, où nous passâmes la Loire sur un pont de pierre le lendemain. Cette ville est la capitale du Nivernois, avec évêché. César en parle dans ses Commentaires. Il y a une chambre des comptes. Nous fûmes voir la verrerie et la faïencerie. La cathédrale est bien bâtie ; il y a une tour qui est admirée des curieux. Dans cette éghse, il y a un autel à l'orient et un autre à l'occident. Ce fut dans l'église de Nevers qu'un des évêques de cette ville, à ce qui m'a été dit, nommé Jacques Spifame^, en communiant un particulier, lui dit : Accipe figuram corporis Christi. Le doyen l'ayant entendu : « Tu en « as menti, » lui répliqua-t-iP. Cet évéque, ayant abandonné la religion catholique, se retira à Genève, où Calvin, quelques années après, le fit pendre^. Cette action d'abandonner son évêché a donné occasion au proverbe : il est venu d'évêque meunier^.

1. D'une bonne famille de Paris, Jacques Spifame fut d'abord chanoine de Notre-Dame, doyen de Saint-Marcel, puis vicaire général du cardinal de Lorraine, archevêque de Reims, et reçut l'évêché de Nevers le 5 mai 1546; il embrassa en 15591a religion réformée, se maria et se retira à Genève.

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