DE MASANIELLO
An i646,
T. Cala { Carlo) ^ sous le nom anagramma&qoe de
Larcando Laco. Risposta al numifesto del cristianis^
simo rè di Franciaj nel quale espone la ragione deUe
sue armi incamrfùnate al regno di NapoU* Parigi,
16465 in-4*^.
Le duc d'ÂrcoSy comme tous les autres Vice-Rois de NapleSy ses prédécesseurs, vit en 1646, à sou arrivée dans Naples, les maux extrêmes de l'Etat; et, comme eux^ il était chargé , non d'j* remédier, mais de les accroître encore. En effet, l'Espagne exigeait avec rigueur les impôts et les tributs accoutumés; mais Tobéissance des peuples qui lui étaient soumis coni^ mençait h. s'ébranler, tant cette puissance avait commis de fautes et d'injustices : l'exemple de TindépendaBce que s'étaient procurée plusieurs Etats qui naguères lui appartenaient, n'était pas sans influence , même sur Tesprit des Napolitains, qui jusqu'alors n'avaient osé que deux fois (sous Pierre de Tolède , marquis de Villafranca, en z538, et sous le cardinal don Antoine Zapata en 1620), donner des signes de mécontentement. Il n^était pas difficile de remarquer dans ce peuple une sourde fermentation. Les cendres du parti
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des Angevins n'étaient point encore entièrement éteintes ; elles semblaient se ranimer an soufiSe de l'adversité (i).
Le cardinal Mazarin qui , pendant la minorité de Louis XIV, gouvernait la France, continuait, k l'exemple de Richelieu, son prédécesseur, de travailler par tous les moyens possibles , à rabaissement de la puissance espagnole. Il résolut de l'inquiéter surtout eu Italie, et arma une flotte qui, sons le commandement de Thomas, prince de Savoie, attaqua d'abord les places espagnoles situées sous les côtes de la Toscane , s'empara de plusieurs, et fit le siège d'Orbitello.
Mais ce n'était là qu'un des objets de l'expédition* Le plan était d'aller ensuite attaquer le royaume de Naples ; on connaissait la misère des habitans et leurs trop justes griefs contre leur souverain.
Malgré les difficultés des circonstances , le duc d'Ârcos parvint encore à lever des troupes, à les expédier en Toscane, et a forcer les Français de s'éloigner d'Orbiteilo.
Mais bientôt one nouvelle expédition partît des côtes de France ; et cetie fois eut des soccës plos réels. Elle s'empara d'abord de Piombino ; les Français débar^qnèrent ensuite dans llle d'Elbe, et prirent Porto- LoDgone. Ik eurent ainn dans la Méditerranée une retraite poor leur ûoue^ on port d'où ils pouvaient fonement inquiéter leurs ennemis.
Aussi ne lardèrent-ils pas à paraître dans la rade de Naples; mais le Vice-Roi, qui depois long-tems arait pénétré leurs desseins , s'éuit livré à des préparaliCi
Paris, iSaSy 1. U, p. 90.
teU qu'ils ne purent effectuer un débarquement. Des vaisseaux et des galères qui sortirent du porl^ les forcèrent même à gagner le large et à renoncer à leur entreprise (1).
Ib avaient employé aussi les armes des manifestes , et ce fut pour les combattre que Charles Cali, né à Naples vers 1610, et après avoir été avocat , devenu duc de Diano, président de la chambre royale, membre du conseil suprême d?Italie, et régent de la chancellerie royale y crut devoir prendre la plume, en se cachant sous le nom anagrammatique de Larcando Laco , et datant faussement son ouvrage de Paris. Il y déploya beaucoup de science et d'érudition, telle qu'on devait Tattendre d'un ministre aussi éclairé (2).
2. DonzeïU {Giuseppé). Partenope Uberata^ overo racconio deW eroica risoluzione Jaita dal popolo di Napoli per soitrarsi con tutlo il regno doit insop" portabile giogo degli spagnuoUy parte I , Napoli 1 647 ; in-4**.
Joseph Donzelli était un médecin né à Naples en i5g6. Il portait le titre de baron de Dogliola, et avait fait d'heureuses découvertes en chimie. Dans les troubles populaires qui s'élevèrent cette année , il écrivit un journal de ce qui se passait, et prit lui-même les armes. Ce futGennaro Ânnésé, alors généralissime du
(i) Mémoires sur le royaume de Naples, par M. le comte Orloff. Paris, i8a5 , t. Il» p* 90, 91 et 9a.
(a) Métnone storioo'eritiehe dêgli storici Napolitaniy di F tances caHlonioSoria, In Napoli 1781 , i. I, p. Ii5, art. 6Và.
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peuple, qui rengagea a le publier sous ce titre fort inconsidéré. L'ouvrage parut avec le privilège de la république napolitaine et du duc de Guîse. L'auteur s'arrêtait h l'arrivée de ce prince dans cette première partie. Il allait publier la seconde, lorsqu'un ordre supérieur Ten empêcha ; on brûla même beaucoup d'exemplaires de la première, qui devint ainsi fort rare , et qui renferme un grand nombre de particula-^ rites curieuses ; mais le gouvernement espagnol n'y est nullement ménagé. Un manuscrit des deux parties de ces mémoires se trouve dans la bibliothèque du prince deTarsia(i).
3. GiraiE (Alessandre) , appelé aussi Nescipio Lipo^ nani^ anagramme de Scipione Napolini^ a si bien réussi a cacher son existence , que Soria n'a pu en découvrir de trace. Il n'est connu que par son RagguagUo del Tumuho di NapoU. Napoli 1647 ; in-8® réimprimé sous ce titre : Rivoluzioni di Napoli^ sans aucune indication d'imprimeur. Soria estime peu cet ouvrage(2), qui cependant donne exactement le journal de tous les faits de la révolution depuis le 21 mai jusqu'au 16 juillet 1647, c'est-k-dire de celle qu'avait faite Masaniello. Il ne parle point du duc de Guise.
4. Un anonime publia cette année : <c Le grand et « sanglant combat des Espagnols sous la conduite de « don Juan d'Autriche, généralissime de la flotte « d'Espagne, contre les Napolitains, 1647; '^^'^^ sans (( nom de lieu (3). »
(1) Id, Â.Tt. Donzellî, p. ai4*
(a) Id. Art. Giraffi, p. 3o6.
(3) La hihlioteca siorica , e iopographica del regno di Napoli ^ di Lorenxo ^imtimanL In Ifûpoli^ '793} p. i63.
5. Gio : Batista Birago Avogadri^ chevalier de Saint- Jean-da-Temple , de Venise, dans Tordre de Malle, fit imprimer à Venise, en 1647 les Turbolenze di Europa dalPanno 164O9OÙ il parle de la révolution de INaples (i).
6. L'avocat don Francesco Orlando à Naples , avait conservé un recueil très-rare sous ce titre : Raccoha di tutti li bondi ^ assise j comandamenti j dispacci ec. fatti in tempo délia rivoluzione del 1647, da Gennaro
Annese»
7. Goffredo (Gio: Antonio), natif de la terre de Rotigliano dans la province de Bari, était archi-prétre, curé de sa patrie, et fit imprimer : RagguagUo deU'assedïo deWarmata francese nella città di Salemo^ Napoliy 1648 ; in-4^'. Voici quelle fut l'occasion de cet ouvrage : lorsque le duc de Guise eut échoué dans son entreprise^ la France envoya en 1648 une armée navale sous le commandement du prince Thomas de Savoie, qui s'était flatté qu'à l'approche de sa flotte, les Napolitains se déclareraient pour lui ; mais voyant que son espoir ne se réalisait point, il porta ses elForts contre la ville de Salerne , qui fut défendue courageusement par le duc de Martina , commandant de la principauté Citrà et de la Basilicate. Ce duc étant seigneur de Rotigliano, le curé GoiTrédo entreprit de célébrer ce triomphe dont il, donna toute la gloire à son seigneur.