Lettre de M. de Puvsiei
A S1ait(-Am-Ilo[, 0 novembre ITV2.
L'armée arriva hier ici. Trois brigades d'infanterie et dh escadro de dragons aux ordres de M. de Balincourt partiront dans deux o trois jours pour se porter par la rive droite du Danube à Braunau s la rivière d'Iun, où M. de Seckendorf , maître du reste de la Baviètl s'est retranché pour être en état d'y tenir ou de se défendre cont(^ M. de Bernklau, retranché aussi à Scharding et dont le corps d'ara se fortille journellement. L'on dit que l'armée du Roi suivra ce détachement aussitôt que nos ponts, qui sont a Ingolstadt, seront descendus; et en attendant on en fait construire uu de radeaux âDonailstaufpourytairepasSerles troupes de M. de Balincourt, M. deSeoheitdorf demandant ce secours avec beaucoup d'empressement pour attaquer J S''harding, ce qui pourra réussir si M. le prince Charles , dont l'i
pourattaquet,J dont l'armôeS
étoit Bvant'hier â Cham, et qui a poussé une tête à Werth, ne trouve pas le moyen de passer le Danube entre Deekendorf et Passau ; car dans ce cas ils arriveront sur l'Inn avec M. de Balincourt, ce qui lui sera cependaDi d'autant plus diflîcile que les pouts de ce prince sont à Passau et que les troupes impériales occupent sur le Danube les postes de StraiibJQg, Deckendorf, Winzer, Osterhofen, Vilshofen et autres. Tous ces postes, excepté StrauLing, ne tiendront pass'ils sont attaqués; mais ils retarderont les opérations de l'ennemi et nous feront ga^er du temps.
L'on attend dans peu de jours l'arrivée du maréchal de Broglie(l). Le maréchal de Belle-Isie, reprenant par son absence le commandement de l'armée de Bohême, va prendre de justes mesures pour remonter la cavalerie, et la Cour doit, dît-on, envoyer 30,000 hommes de milices pour recruter toutes les troupes que le Roi a en Allemagne. Elles en auroient d'autant plus de besoin qu'elles seront incessamment réduites à la moitié. L'on est persuadé que M, le prince Cliarles prendra le parti de regagner Pass.iu et de défendre les bords de la rivière d'inn, qui seront pour nous ( à ce que l'on croit) le non pins ultra. Quoi qu'il en soit, il semble que nos affaires prennent une face plus riante ; mais la saison est bien avancée et les troupes bien fatiguées.
^H 64 1 Letteb de m. de Puysieux.
^^ A SlBdt-4ni-Hof, le 12 novembre 17*3.
M. de Balincourt (ainsi qu'on l'a mandé la semaine dernière) a passé leDanubeâDonaustauf.surun pont volant, avecenviron 10,000 hommes pour se porter en diligence à Brauoau et mettre M. de Seckendorf en état de s'y soutenir et même d'agir si les circonstanees le lui permettent. Depuis ce temps-là M. le princedc Conly a suivi œ corps, à deux jours de marche, avec 8 escadrons de dragons, 16 de cavalerie et la brigade de Marsan. Hier, M. de la-Mothe passa le Danube audit Donaustauf avec deux brigades d'infanterie et deux de cavalerie. Aujourd'hui M. de Maillebois a marché sur la même route avec la gendarmerie, deux brigades de cavalerie, deux de dragons et deux d'infanterie. Demain il passera encore quelques brigades, et dans deux jours le reste de l'armée suivra. De cette façon, toutes ces différentes divisions seront à portée de se donner la main et subsisteront plus aisément. Il } A lieu de croire que celle de M. de Balincourt joindra M. deSecken-
.) Le nuréclial de Mailleboix Tut remplacéîi l'armée di hal deBn^îe.
docf sans être inquiétée, n'ayant point appris jusqu'à présent que M. Ilprince Charles, qui a repris les iwstf s de Deckcudorf, Nîeder-Allaich, Winz(ir et IleDkefsperg, ait fait remonter son pont de Passau. Il paroltroit au contraire que ce priuce ( dont nialtieureusement nous ignorons presque toujours les mouvements et les véritables forces, ce qui fait que nous n'allons jamais qu'en tâtonnant) voudrait se 1)onier à couvrir l'Autriche en'gardant Suharding et Passau, et tenant toujours cependant un pied dans la Barière, à la rive gauche du Danube. Quant à nous, notre objet pproît <;tre d'aller prendre des quartiers dans la basse Bavière, en portant notre druiie è Braunau sur l'inn, et notre gauche à Landau et it Landrol sur l'Iser. Il faut voir présentement si, par les manoeuvres de l'ennemi , nous lui donnerons la loi; il a ""~ triste et dangereux de la recevoir de lui.
Par les dernières lettres de Prague, il paroissoit que M, le raatéé de Belle-lsie étoit encore fort resserré, ce qui prouverait que M. 1 prince Charles , ébmt eneore en force de ce c^té-là , ne le seroit pari H celui-ci.
Onfortiile ce faubourg (l) pour y établir des fours. Comme i vivons au jour le jour, et que rien n'est préparé d'assez loin, no^ sommes à la veille de manquer de pain; et cela retiendra peul-é ici le reste des troupes quelques Jours de plus.
L'on attend à chaque instant M. Il: maréchal de Broglie. Le conj de Saxe est toujours avec sa réserve à Kirn proche de Regenstauf-