‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV 17351758Chapitre 22 sur 58 · I . Lettre de la Beine à la dwshem de Lwynes · texte numérisé non relu

I . Lettre de la Beine à la dwshem de Lwynes

Mirly, 6 mai nSS.

Je vous remercie de l'attention que vous avez eue d'envoyer savoir de mes nouvelles. Ma santé est bonne, mais je vous avpue que je suis bien affligée de tout ce qui arrive Dieu nous assiste! Je voudrois bien pouvoir augmenter le nombre de la compagnie que vous avez, et je me flatte que peisonne n'en seroit i3ché. Je ne sais si c'est de la présomption ; mais non, c'est une justice que^rends à mes sentiments. Je n'ai pas le temps de vous en dire davantage, car voici l'heure où il faut nécessairement aller se divertir. C'est aujourd'hui la premidre musique depuis la mort de ma pauvre fille ; ainsi jugez du plaisir que l'aurai- Je ne vous dirai rien du salon; c'est la pénitence des sens. Il aveugle, il fatigue les oreilles, il rend les mains mal propies, tout ce que Ton y touche, l'odorat est infecté, la chère médiocre, entin il y a de quoi tout réparer, il n'y a qu'à dresser son intention. Je vous prie de faire part de ma morale à mou archevêque (2). Je vousciiarge

(1) Les affaires du PtrIenMnt au sajet des refus de saciements. {NoU du

manuscrit. )

(2) L'arclievAque de Rouen, grand aumdnier de la Rehie. ( NUe du manusciit,}

A L'ANNÉE i75«.

de toute ma reconnoîssance pour les personoes dont vous me parlez, et vous embrasse de tout mon cœur.

Tramccourt m'apprend dans le moment que vous êtes enrhumée ; vous ne m'en dites rien.

S. Lettre de la BetM ou duede JAiynee,

* Do 6 mai.

Je vous prie, Monsieur, de n'être pas si discret. Sous le prétexte de ne -pas importuner, qui e>t une raison si souvent donnée et par conséquent usée, vous vous épargnez la peine de m'écrire, et je n'ai reçu qu'une pauvre petite lettre de vous, pour mieux dire une réponse ; cela est vilain. Mail fiiiions la paix, à condition que vous vous corrigerez, le ne vous ferai pas de détail de Uarly ; je vous dirai en un mot que je m*y ennuie beaucoup et que j*ai bien envie de rattraper mon feutenO entre la cheminée et la tablette (1). Pour parler plus clairement, je serois tièt^ûse de me retronver entre vous deux. Je puis vous assurer qoe J'aime mieux le bruit de Tintamarre (9) que celui du salon.

Ce samedi.

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