‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 131 sur 268 · I.IVIIE XV. - CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

I.IVIIE XV. - CORRESPONDANCE

séance, et cependant nous sommes dans une situation à penser à toute autre chose qu’à de pareilles futilités. Le général Lainartinière a fait arrêter le commissaire de police deïalavera; mais il ne lui rendait aucun compte; et, certes, la sûreté de la ville, celle des Français et la tranquillité publique le regardent avant tout, puisque l’emploi des troupes est constamment nécessaire. Votre Majesté n’ignore sans doute pas qu’on assassine les Français dans les rues de Talavera et à la porte de la ville: très-certainement la haute police ne peut en ce moment regarder que l’autorité militaire.

« Sire, après avoir entretenu Votre Majesté de ce qui regarde la subsistance de l’armée, je dois la supplier de remarquer que, quant au commandement territorial , il est de la plus haute importance, pour la conservation d’une armée, que le général qui la commande commande également dans tout le territoire qu’elle occupe, dans les lieux où sont ses dépôts, ses magasins et ses hôpitaux. C'est parce que la division des commandements en Espagne a empêché qu’un pareil état de choses existât, que tant d’hommes ont disparu faute de soins, faute d’ordre et de dispositions conservatrices. Je ferai tout au monde pour remplir les intentions de Votre Majesté quand elle daignera me les faire connaître; mais il faut que j’en sois l’organe et que je commande là où sont mes hôpitaux, mes

dépôts et mes troupes, sous peine de les voir tomber dans l’état d’abandon où je les ai pris, et de trahir tout à la fois les intérêts de l’Empereur, les vôtres et mes devoirs les plus sacrés.

« La situation actuelle des choses va me donner quelques moments de disponibles. Je vais me rendre à Talavera pour chercher à tout concilier autant qu’il sera en mon pouvoir; je mettrai le même empressement à aller à Madrid pour rendre mes devoirs à Votre Majesté, comme j’en ai le projet depuis longtemps. Si je ne puis pas parvenir, Sire, à vous satisfaire, je vous prie d’en accuser les circonstances et l’impuissance de mes efforts, et non mes intentions.

« Je n’ai pas reçu le décret dont Votre Majesté me fait l’honneur de m entretenir, et qu’elle m'annonçait être contenu dans sa lettre. »

JOSEPH Al' MARÉCHAL MARMONT.

« Madrid, le 9 octobre 18! t.

« Monsieur le maréchal, je reçois vos lettres du 30 septembre. Je vous félicite sur votre heureuse expédition de Ciudad-Rodrigo.

« Je sens la difficulté de votre position sur le Tage, et je me détermine à envoyer auprès de vous le marquis d’Almenara et le colonel Duprez, pour aplanir toutes les difficultés qui pourraient s’é-

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