V R K XV. — COltllESPOMUNCE
« Le 28 octobre au matin, le général Girard s’est honteusement laissé surprendre à Arroyo-Molinos, au moment où il allait se mettre en marche pour rentrer à Merida, par un corps de dix mille Anglais, commandé par le lieutenant général Hill; deux régiments, le 31 e et le 40', ont été défaits, et nous avons éprouvé des pertes; nous n’avons pas même de nouvelles des généraux Girard, Dembouski et Brun, non plus que du duc d’Aremberg : le 30, le lieutenant général Hill avait son quartier à Merida.
« Je ne pense pas que les Anglais soient dans I intention de pousser plus loin leur pointe, je suppose même qu’ils rentreront en Portugal; cependant je fais, autant que mes moyens le permettent, toutes les dispositions que les circonstances peuvent exiger; mais dans tous les cas cela est insuffisant; j’ai donc l’honneur de prier Votre Excellence de vouloir bien faire des démonstrations sur la rive gauche du Tage, et de pousser une colonne vers Merida, afin de rétablir la communication entre les deux armées, et pour obliger tous les corps ennemis qui sont en Estramadure à rentrer en Portugal; l’apparition de cette colonne, et les mouvements que je ferai opérer sur la rive gauche de la Guadiana, suffiront pour éloigner de Badajoz les corps ennemis qui auraient pu s'approcher de cette place, et qui en auraient momentanément intercepté les communications; du moins résultera-
t-il que, nos rapports étant rétablis, nous pourrons plus facilement concerter les nouvelles dispositions que les circonstances nous mettront dans le cas de prendre.
« J’ai aussi l’honneur de vous prier, monsieur le maréchal, de vouloir bien en même temps faire diriger sur l’armée du Midi, par Merida, les divers corps de troupes qui, d’après les ordres de Son Altesse Sérénissime le prince major général, doivent la joindre, et se trouvent dans l’arrondissement de l’armée de Portugal: ces troupes se composent de la moitié de la colonne que commandait le général Vandermaesen, laquelle est chargée de la conduite d’un convoi de fonds, du quarante-quatrième bataillon de la flottille, d’un détachement provenant du 10' de dragons, destiné pour les 17 e et ‘27' régiments de la même arme, du régiment de Hesse- Darmstadt, destiné pour Badajoz, d’une compagnie de sapeurs, et de divers autres détachements.
« Son Altesse Sérénissime le prince major général m’a fait l’honneur de me prévenir, par ses dernières dépêches, que l’intention de l’Empereur était que vous tinssiez, à poste lixe, deux divisions d’infanterie et un corps de cavalerie à Truxillo, afin d’être en mesure de vous porter sur la Guadiana, si les circonstances l’exigeaient, et pour avoir la facilité d’être instruit journellement de ce qui se passe du côté de Badajoz; cette disposition est d’une