‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 157 sur 268 · LIVRE XV. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — CORRESPONDANCE

chées et difliciles à emporter. Il a donc pris la route d ’Albonle et manœuvré sur la rive droite du Xuear, menaçant la seule retraite qu'ait l’ennemi. Il est probable que son arrivée dans ces parages aura fait une diversion utile au maréchal Suchet, et lui aura facilité l’investissement de la place en séparant l’armée de la garnison, et déterminé celle-là à rentrer en Murcie. Ainsi tout ce qui tient aux opérations d’armée semble devoir être promptement terminé; et, si Valence résiste encore, ce ne sera plus qu’une opération méthodique pour laquelle le concours du général Montbrun serait inutile ; et, comme, d’un autre côté, il est probable que les Anglais feront des mouvements à la fin de février, et qu’ alors j’ai besoin de tout mon monde, j’ai donné l’ordre au général Montbrun de se mettre en route à la fin de janvier pour me rejoindre. Indépendamment des deux divisions, il a toute ma cavalerie légère dont je ne saurais me passer si, seul, je me trouvais forcé de faire la moindre opération.

« Sa Majesté parait tenir à ce que j’aie trois divisions dans la vallée du Tage; mais, vu la grande étendue de l’armée et le temps qu'il faut pour la réunir, qui, y compris celui nécessaire pour que les ordres de mouvement parviennent , est au moins de quinze jours, tandis que l’ennemi peut être en quatre jours sur moi, je n’ai d’autre garantie d’être en mesure de le combattre et de l’empêcher de séparer

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l'année, tant qu’il est dans la position qu’il occupe aujourd’hui, que de tenir beaucoup de troupes sur les deux rives du Ducro, afin de retarder assez les opérations pour que les divisions puissent venir me rejoindre. Mais, indépendamment de ces motifs, comment pourrais-je occuper le pays entier, établir des ressources, rendre faciles toutes les communications si près de la moitié de l’armée se trouve dans la vallée du Tagc? Enfin, une dernière considération, qui a en partie motivé le changement de situation de l'armée,

• 'est l’impossibilité d’y vivre. Un corps considérable dans cette position ne peut y vivre que par les provinces de la Manche et de Ségovie; et elles sont affectées à l’armée du Centre. Partout il n’csl possible d’y entretenir que des postes ou une très-faible division. C’est ce que j’ai fait. Malgré les efforts inouïs que j’ai faits avant mon départ pour procurer des subsistances à cette division, je n’ai encore que l’espérance qu’elle pourra y vivre jusqu’à la récolte, mais non la certitude.

« Je suis arrivé à Valladolid avant-hier; le général Dorsemie avait préparé un ravitaillement pour llodrigo, et je profite de sa présence ici pour être soutenu au besoin, cl je fais conduire le convoi immédiatement dans cette place, et parla même occasion en relever la garnison et en changer le commandant. Comme je n’ai point de cavalerie légère, le général Dorsemie me prèle celle qu’il a ici et qui, réunie

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