‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 174 sur 268 · LIVRE XV. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — CORRESPONDANCE

pour ne rien craindre de l’armée anglaise, auraitelle quatre ou cinq divisions réunies.

« Aujourd’hui, l’ennemi suppose que vous allez faire le siège de Rodrigo; il approche le général Hill de sa droite, afin de pouvoir le faire venir à lui à grandes marches et vous livrer bataille réunis si vous voulez reprendre Rodrigo. — C’est donc au duc de Dalmatie à tenir vingt mille hommes pour l’empêcher de faire ce mouvement, et, si Hill passe le Tage, de se porter à sa suite ou dans l’Alentejo. Vous avez le double de la lettre que l’Empereur m’a ordonné d’écrire au duc de Dalmatie le 11 de ce mois, en réponse à la demande qu’il vous avait faite de porter des troupes dans le Midi. C’est vous, monsieur le maréchal, qui deviez lui écrire pour lui demander de porter un gros corps de troupes vers la Guadiana, pour maintenir le général Hill dans le Midi et l’empêcher de se réunir à lord Wellington. La prise de Ciudad-Rodrigo est un échec pour vous, et les Anglais connaissent assez l'honneur français pour comprendre que ce succès peut devenir un affront pour eux, et qu’au lieu d’améliorer leur position l’occupation de Ciudad-Rodrigo les met dans l’obligation de défendre cette place. Ils vous ren dent maître du choix du champ de bataille, puisque vous les forcez à venir au secours de cette place et à combattre dans une position si loin de la mer.

Le résultat de cet avantage ne peut être retardé

iv. 2t

MÉMOIRES DU DUC DE RAUl'SE.

<jue jusqu’à la récolte; alors vous serez en mesure de faire le siège de Rodrigo : l’ennemi marchera ou aura la honte de vous voir reprendre cette place.

« Le mouvement du général Hill sur le Tage a été fait dans la croyance qu’aussitôt que vous auriez su la prise de Ciudad-Rodrigo vous auriez réuni vos troupes pour marcher rapidement sur cette ville, pour l’investir et profiter du premier moment où la brèche n’était pas relevée et qu’il ne pouvait v avoir aucun approvisionnement.

« Celle occasion étant manquée, il faut tout préparer pour le mois de mai. La véritable route de Lisbonne est par le Nord : l’ennemi, y ayant des magasins considérables et des hôpitaux, ne peut se retirer sur celle capitale que très-lentement. Si, dans l’attaque du prince d’Essling, il s’est retiré rapidement, c’est parce qu’il s’était préparé à ce mouvement. 11 a donc un grand intérêt à vous empêcher de pénétrer dans le Portugal. La situation du prince d’Essling devant Lisbonne était, pour l’Angleterre et pour le Portugal, une grande calamité. Je ne puis que vous répéter les ordres de l'Empereur: prenez votre quartier général à Salamanque; travaille^ avec activité à fortifier cette ville; faites-y travailler six mille hommes de troupes et six mille paysans; réunissez-y un nouvel équipage de siège, qui servira à armer la ville;

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