‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 180 sur 268 · LIVRE XV. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — CORRESPONDANCE

votre armée ait occupé Salamanque, et que l’opération «lu maréchal duc de Dalmatie sur Merida et Badajoz ait de l’influence sur l'ennemi et se soit fait sentir. Vous pouvez laisser une division légère sur Talavera, occupant Almaraz; mais elle doit toujours être prêle à vous rejoindre. Lorsque vous aurez occupé Salamanque, que vos avant-postes auront cette direction et que cette espèce de vésicatoire militaire aura fait son effet sur l’ennemi, vous pourrez faire rapprocher de vous la division que vous aurez sur le Tage. Mais vous sentirez qu’il sera également nécessaire que l'armée du Centre ait auparavant donné des troupes pour garder la vallée.

« L’Empereur, monsieur le duc, me charge de vous répéter que vous vous occupez trop de ce qui ne vous regarde pas, et j)as assez de ce qui vous regarde. Votre mission a été de défendre Almeida et Rodrigo, et vous avez laissé prendre ces places. Vous avez le Nord à maintenir et à administrer, et vous abandonnez les Asturies, c’est-à-dire le seul moyen de le gouverner et de le contenir. — Vous allez vous embarrasser si lord Wellington envoie une ou deux divisions sur Badajoz, quand Badajoz est une place très-forte, et que le duc de Dalmatie a quatre-vingt mille hommes, lorsqu'il peut être secouru par le maréchal Suchet. Enfin, si Wellington marchait sur Badajoz, vous avez un moyen sûr, prompt et triomphant de le rappeler, celui de mar-

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cher sur Rodrigo oiï Almeida. Votre armée se compose de huit divisions; une doit rester dans les Asturies, et vous ne devez y compter que pour la faire marcher sur la Galice. Quand même, après une bataille avec les Anglais, vous seriez battu, vous ne devez pas faire évacuer les Asturies par celte division, mais la faire filer par les hauteurs à votre droite. Les coups de fusil arriveront avant peu de jours à Montdragon si on n’occupe pas les montagnes.

« La division des Asturies est une division qui, en cas d’évacuation de Salamanque et de Valladolid, devrait nouer le mouvement dans les montagnes; sans quoi la position de Burgos ne serait pas tenable, pas même celle deVitoria. D’ailleurs, encore une fois, monsieur le duc, vous avez à lutter, non-seulement contre les armées anglaises, mais aussi contre la Galice; et les six mille hommes qui se porteront en avant, par les débouchés de la Galice, contiendront cette province; et peut-être que six mille hommes dans les Asturies équivaudraient à dix-huit mille hommes qu’il faudrait à Astorga et sur le littoral. Les insurgés, sans communication après la prise de Valence, étaient au désespoir. L’arrivée des bandes à Pautel, à Oviedo, et le rétablissement de leur communication avec la mer, leur ont rendu leur courage; tout cela par défaut de réflexion et de connaissance des localités. En ré-

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