LE MARÉCHAL M ARMONT AU MAJOR GÉNÉRAL
c Yalluilolid, le 2 mars 1812.
« Monseigneur, à l’instant où je montais à cheval pour me rendre à Avila, je reçois les lettres que Votre Altesse m’a fait l'honneur de m’écrire les 18 et ‘21 février. Les ordres de Sa Majesté sont tellement impératifs et me rendent tellement étranger au sort dehadajoz, que, quelles quesoient les raisons qui m’avaient empêché d’abord de m'y conformer, je pense qu’il est aujourd’hui de mon devoir de le
faire. En conséquence, je donne l’ordre à la cavalerie légère, à la quatrième et à la sixième division qui sont dans la vallée du Tage, de rentrer dans la Vieille-Castille; j’y laisse seulement la première division qui rentrera aussi aux époques fixées par Sa Majesté, et lorsqu’elle aura été relevée par l’armée du Centre. Mais, comme il me parait évident que le siège de Badajoz n’a été suspendu que par suite de la présence de ces trois divisions, mon opinion est que mon mouvement va mettre cette place en péril; j’ose espérer au moins que, s’il lui arrive malheur, on ne pourra pas m’en attribuer la faute.
« Votre Altesse m’écrit que l’Empereur trouve que je m’occupe trop des intérêts des autres et pas assez de ce dont je suis personnellement chargé. J’avais regardé comme un de mes devoirs imposés par l’Empereur, et un des plus difficiles à remplir, de secourir l’armée du Midi, et ce devoir a été formellement exprimé dans vingt de vos dépêches, et indiqué explicitement par l’ordre que j’ai reçu de laisser trois divisions dans la vallée du Tage. Aujourd’hui j’en suis affranchi, ma position devient beaucoup plus simple et beaucoup meilleure.
« L’Empereur parait ajouter beaucoup de confiance à l'effet que doivent produire sur l’esprit de lord Wellington des démonstrations dans le Nord. J'ose avoir une opinion contraire, attendu que lord