LIVRE XV. - CORRESPONDANCE. W
contenues dans votre première dépêche; Sa Majesté espère que votre retraite s’est faite devant lord Wellington suivant les règles de la guerre, en le contenant avec des masses et des corps rassemblés.
« L’Empereur suppose que vous aurez conservé vos têtes de pont sur l’Aguada parce que cela seul peut vous permettre d’avoir des nouvelles de l’ennemi tous les jours et de le tenir en respect. Sa Majesté ajoutait, à cette occasion, que, si vous aviez mis un trop grand intervalle entre l’ennemi et vous, vous auriez a$i contre les principes de la guerre en laissant le général anglais maître de se porter où il voudrait, et que, perdant ainsi l’initiative des mouvements, vous n’auriez plus la môme influence dans les affaires d’Espagne. L’Empereur pense que la Biscaye et le Nord se sont trouvés dans une situation fâcheuse par les suites de l’évacuation des Asturies, dont la réoccupation par la division du général Bonnet ne lui était point encore connue. Le nord de l’Espagne s’est trouvé exposé, en effet, à des événements malheureux, et il n’est pas douteux que la libre communication des guérillas avec la Galice et les Asturies, par terre et par mer, ne finit par les rendre formidables. Tant que les Asturies ne se-
1 Toujours les mêmes idées insensées! Conserver des tètes de pont sur l’Aguada quand l'armée prend forcément position sur la Tonnés et en arrière, et qu'un espace do vingt lieues de désert sépare les deuv armées!
Le NSRéciiAi. dix de Rsr.cse.
vont pas occupées en force pur vos troupes, ajoute Sa Majesté, votre position ne peut jamais s' améliorer.
« Telle est l’opinion de l’Empereur, sur laquelle Sa Majesté insiste d’autant plus, qu’elle ignorait, en écrivant, le retour du général Bonnet dans les Asturies, que vos lettres postérieures lui auront appris, et qui doit avoir une influence très-avantageuse sur l’état des affaires dans le nord de l’Espagne. »