‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 227 sur 268 · LIVRE XV. — CORRESPONDANCE. UJ · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — CORRESPONDANCE. UJ

vous m’annoncez que vous regardez le mouvement des Anglais sur vous comme très-prochain, j’ai eu des nouvelles de l’Andalousie; le maréchal duc de Dalmatie mande, par sa lettre du 20 mai, qu’il est positif que l’intention du général anglais est de marcher sur l’Andalousie pour forcer l’armée du Midi à lever le siège de Cadix : telles sont ses propres expressions. D’après celte opinion, à laquelle le duc de Dalmatie paraits’étre arrêté, loin d’avoir exécuté les ordres que je lui avais donnés de mettre le corps du comte d’Erlon en mesure de contenir celui du général llill en Estramadure et de passer même le Tage si le général llill le passait pour agir sur la rive droite, il demande que l’armée de Portugal et celle d’Aragon marchent au secours de l’armée du Midi.

« Comme cette opinion ne s’est point vérifiée jusqu’ici et qu’elle me parait même formellement démentie par les rapports que vous m'avez adressés, je n’ai point révoqué mes premiers ordres; je les réitère, au contraire, en pressant leur exécution.

« J’ai cru cependant qu’il était important de vous faire connaître ce que m’écrit le duc de Dalmatie. 11 est possible que les Anglais fassent par la suite ce qu’ils n’ont pas fait aujourd'hui.

« Je vous recommande donc de ne pas vous laisser imposer par de fausses démonstrations; s’il arrivait que celles que les Anglais ont faites contre vous

n’eussent eu d’autre objet que de masquer leur véritable projet sur l’Andalousie, soyez toujours prêt à faire marcher, comme mes instructions antérieures l’ont prévu, trois divisions de l’armée de Portugal (Mi Estramadure, dans le cas où lord Wellington se porterait sur la rive gauche du Tage : c’est ce que vous êtes à portée d’observer. Le général Caffarelli m’a écrit en date du 25 mai; il a dù entrer en correspondance avec vous sur les secours que vous pouvez attendre de l’armée du Nord; il parait que vous avez peu à y compter, vu l’état de faiblesse auquel, suivant ce que mande le général Caffarelli, l’armée du Nord est réduite. »

Page 1