‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 235 sur 268 · AI · texte numérisé non relu

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LE GÉNÉRAL CAFFARELLI Al MARÉCHAL MARMONT

« 2G juin 1812.

« Monsieur le maréchal, j’ai eu l’honneur d’informer Votre Excellence que les ennemis avaient fait à la côte une forte expédition; que j’ai été obligé de disposer des troupes qui étaient arrivées ici la veille; que Bilbao était attaqué, tandis que hequeitio l’était par mer et par terre, et avait été emporté; que le général Bonnet, évacuant les Asturies, est entré le 1«S dans la province de Sautander.

« J’ai appris, hier au soir, qu’il avait pris la route de Reynosa, que l’expédition était composée de six vaisseaux de ligne, neuf frégates et six bricks, qui se tiennent partie sur Santoùa, partie sur la côte de Biscaye. Les troupes débarquées à hequeitio sont des troupes de terre anglaises.

« Par l’évacuation des Asturies, à laquelle j’étais loin de m’attendre, d’après les dernières lettres de Votre Excellence, je me trouve, non-seulement découvert, mais hors d'état de conserver la province de Santander. Tomasera livré à lui-même, la Biscaye est ouverte de partout, et l’ennemi pourra en occuper tous les ports. Je suis entouré de bandes très-fortes, peu dangereuses par elles-mêmes, mais bien par la multiplicité de leurs mouvements sur les différents points de l'arrondissement de l’armée.

Ht! MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

« Dans cet état de choses, que puis-je faire, sans livrer le pays à l’ennemi, sans lui abandonner les moyens de nous soutenir par la suite, et toutes nos subsistances?

« J’envoie la cavalerie et l’artillerie, c’est tout ce qu’il est en mon pouvoir de faire, et Votre Excellence est trop juste pour exiger autre chose de moi. En ce moment, j’apprends que Bilbao est encore attaqué.

« Voilà ma position, monsieur le maréchal, elle est pénible sous tous les rapports et, certes, je n’ai pas beaucoup de moyens de l’améliorer. »

LE GÉNÉRAL DE MONTLIVAUt.T AI! MARÉCHAL MARMONT.

« Yallndolid, le 28 juin 1812.

« Monseigneur, le mouvement du général Bonnet, ainsi que je vous l’annonçais par mes lettres précédentes, est réel; il était il y a trois jours à Aguilar del Campo, à dix-huit lieues d’ici. La lettre que j’ai l’honneur d’envoyer ci-jointe à Votre Excellence vous en instruira plus positivement. Le général Guérin, qui a également reçu une lettre du général Bonnet, qui lui demande des nouvelles de ce qui se passe, a daigné me consulter alin de s’éclairer sur les intentions de Votre Excellence. Il rend compte au général Bonnet de la position de Votre Excellence, et l’engage, dans le cas où il n’aurait

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