‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 200 sur 267 · I.K MARECHAI. MARMOAT Al m:c DE FELTRE · texte numérisé non relu

I.K MARECHAI. MARMOAT Al m:c DE FELTRE

« Larbacli, 9 j.invier 181(1.

« Monsieur le duc, le colonel Leclère, aide de camp de Votre Excellence, est arrivé et m’a remis les dépêches dont vous l’aviez chargé pour moi. .le vais m’occuper sans retard de l’exécution des dispositions qui sont contenues dans les arrêtés de l’Empereur et dans vos lettres. Votre Excellence .s'adressant à moi comme gouverneur général des provinces illyriennes, je crois devoir en remplir surle-champ les fonctions, quoique je n’aie pas encore reçu ma nomination.

« La lettre de Votre Excellence du 27 décembre m’annonce que 'l’intention de l’Empereur est que les troupes qui sont en Croatie soient mises sur le pied de paix, et que je fasse cesser les fournitures arbitraires qui pèsent sur les habitants.

« J’ai l’honneur de vous assurer qu’il n’y a aucune fourniture arbitraire depuis longtemps; que les réquisitions faites en Croatie n’ont eu pour objet qite des services réguliers, et n’ont eu lieu, à l’entrée des troupes, que parce que M. l’intendant général n’avait pris aucune disposition pour les faire vivre et pourvoir à leurs besoins.

« Votre Excellence, ne me parlant que de la Croatie, nie fait soupçonner que l’Empereur n’a eu pour objet, dans ce qu’il prescrit, que le redressement de torts qu'il croyait exister, et non la mise sur le pied de paix, qui semblerait dans ce cas devoir regarder tout mon corps d’armée. J’attends donc de nouveaux ordres, qui sans doute lèveront bientôt mon hésitation à cet égard.

' « J’ajouterai à ce qui précède une observation dont je demande à Votre Excellence de peser l’importance. Si les troupes sont sur le pied de paix et qu’on n’ordonne pas leur solde en papier au cours déterminé et fixé par M. d’Auchy, qui est celui du marché, il est impossible que les troupes vivent, attendu qu’elles recevraient moins de dix sous pour un franc. Le cours fixé et suivi étant de cinq florins pour un, M. d’Aueby a refusé de payer à ce taux et a rendu compte au ministre des finances, qui n’a pas encore répondu. Je demande à Votre Excellence d’obtenir de Sa Majesté une décision qui fixe notre situation; et, puisque les troupes ne peuvent pas recevoir d’argent, il me parait indispensable, pour qu’elles puissent subsister, qu’on leur donne des vivres en nature, et encore seront-elles très-misérables, ou du papier à sa valeur réelle et au cours fixé par M. d’Auchy, tel enfin- que la caisse publique le reçoit.

« Il me reste une autre demande à adresser.!

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