‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 205 sur 267 · LIVRE XllI. - CORRESPONDANCE. .'Ol · texte numérisé non relu

LIVRE XllI. - CORRESPONDANCE. .'Ol

des recelles et des dépenses, et elle aura été à même de juger combien ces provinces sont loin, au moins pour cette année, d’être en état de fournir aux besoins des troupes qui ont été désignées pour les occu))er. Quoique je sois autorisé à croire qu’en ce moment Sa Majesté est parfaitement au fait de la véritable situation des choses, je vous demande de mettre sous ses yeux le résumé suivant.

« Le décret du 25 décembre 1809 détermine q»e les impositions dans les provinces illyriennes seront, dans l’an 1810, les mômes qu’avant l’entrée des Français.

« Le tableau généraWdes recettes et des dépenses présente, comme résultat disponible, cinq millions de francs environ, en comprenant comme recette un million d’économies qui doit résulter des suppressions à faire en Dalmatie et de celles qui seront la conséquence de la mise en activité de l’organisation projetée; et cependant les dépenses doubles, occasionnées par l’établissement des intendants, sans la suppression des capitaines de cercles, et les réformes à faire en Dalmatie, ne pourront cesser d’avoir lieu que lorsque Sa Majesté aura fait connaître sa volonté, ordonné les suppressions, et prescrit l’organisation qu’elle veut donner aux provinces illyriennes.

« Quelle que soit la promptitude avec laquelle arrivent les ordres, et quelque diligence que nous

MÊMOIUtS DU DUC DE IIAUUSE.

iiieltioiis à les-exécuter, il est probable que, pour l’année 1810, les économies, évaluées à un million, n’arriveront pas à plus de six cent mille francs; de manière que l’on peut regarder comme certain que, malgré les bases établies, les produits nets n’iront pas cette année à cinq millions, et les provinces illyriennes ont besoin, pour leur administration, pour l’entretien de vingt-quatre bataillons, ainsi que l’a fixé Sa Majesté, de l'état-major de l’armée et des places; enfin la solde des officiers, sous-ofliciers et soldats des régiments frontières, de dix-huit à dix-neuf millions. Ainsi le déficit est certainement cette année, et d’après les bases cmIcssus, de treize à quatorze millions.

« Plusieurs circonstances rendent encore douteuse la l entrée de la totalité des revenus. Les consommations extraordinaires qui ont eu lieu dans le pays, les réquisitions qui ont été faites pendant six mois, l’entretien presque à discrétion d’une bonne partie de l’armée d’Italie en Carinthie et à Gorrizia pendant près de trois mois; enfin la chute du papier qui bouleverse les fortunes, et les siq>pressions prochaines d’une grande partie des droits • féodaux dont le principe est consacré dans le décret de l’Empereur; tous ces motifs doivent faire craindre que les impôts ne soient payés que d’une manière incomplète; mais au moins ils autorisent à éloigner l’idée d'une augmentation dans les im-

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pots pour colle année, idée qu’au surplus Sa Ma- “jesté a rejetée d’elle-même.

« X ces causes de la faiblesse des revenus, il faut ajouter que les révoltes qui ont eu lieu en Dalmatie ont réduit à rien les revenus pendant l’année 1809, tandis que l’organisation est restée la même, et qu'il est dù huit à dix mois d’appointements à tous les employés de la justice et de l’administration ; — que l’étal de blocus a fait émettre à Zara, tant pour les travaux de la place que pour le payement des troupes italiennes et de la Hotte, une somme de trois cent mille francs en billets de siège, dont l’état a été envové au ministre des finances, et dont le royaume d’Italie n’a pas encore opéré le remboursement; — que la circulation de ces billets, qui éprouvent une perte assez considérable, embarrasse et gène l’administration à Zara ; — enfin que la cession au royaume d’Italie des salines du pays, faisant disparaître le peu d’industrie commerciale de la Dalmatie par la rieslruclion des moyens d’échanges avec les Turcs, diminuera le produit des douanes, et enlève encore au trésor public un revenu de sept cent mille francs, tandis que les salines de Tlslrie portent à l’Italie un revenu net de cinq millions, en laissant seulement à Tlllyrie les charges de l’administration de ces deux provinces.

« En conséquence de toutes ces causes réunies, on doit conclure que les revenus nets des provinces

illyriennes ne s'élèveront pas et ne peuvent s'élever, pour celte année, à cinq millions.

« Ces revenus, rapprochés du chiffre des dépenses que j’ai eu l'honneur d’exposer à Votre Excellence, tant pour l’administration du pays que pour l’entrelien des troupes, telle que leur force a été déterminée par Sa Majesté, et la solde des ofliciei’s et sous-ofliciers des régiments frontières, etc., etc., s’élevant à une somme de dix-huit à dix-neuf millions, présenteront un déficit de treize à quatorze millions.

« Mais, si l’on doit conclure un déficit aussi considérable pour l’année 1810, il est facile d’envisager une amélioration certaine et très-forte dans la recette de l'année suivante.

« Un cinquième des domaines de la Carniole appartient à l’Empereur. L’administration de ces biens a été jusqu’ici très-vicieuse, les régisseur en consommaient presque tous les revenus. L’opinion du pays à leur égard n’est pas équivoque et les accuse de la plus grande infidélité. Lorsque les domaines seront affermés, les produits tripleront iufaillihlement. Le désir d’améliorer l’administralioii m’avait fait former le projet de hâter le moment où ce régime sera établi; mais plusieurs raisons s’opjiosent à un changement immédiat.

« L’Empereur est dans l’intention de supprimer plusieurs droits féodaux ; ainsi les domaines, dont

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