‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 207 sur 267 · I.K MAKECIIAC MAnMO>T AL: MINISTRE DE LA (U EURE · texte numérisé non relu

I.K MAKECIIAC MAnMO>T AL: MINISTRE DE LA (U EURE

« 5 niii ISIO.

« Monsieur le duc, j’ai eu rhonneur de rendre compte à Voire Excellence des négociations entamées jiar Snrulu-Paclia avec les capitaines rebelles nos voisins; que le capitaine Vakup avait restitué le terrain envahi et s’était engagé à ne jamais troubler la frontière; que le capitaine de Biliac/ tergiversait, ainsi que Hassan-Aga de Fekey, les deux principaux rebelles.

« Le ‘27 avril, il arriva un nouveau lirman du Grand Seigneur, et de nouveaux ordres du vizir de Bosnie, qui furent lus à Boustan-Bey, capitaine de, Bibacz, qui. promit de s’y soumettre et de signer le lendemain les mêmes engagements que le capitaine de Vakup. Le pacha lit des dispositions pour se rendre à Kruppa,où il espérait amener Hassan-Aga au même point. Le lendemain, ‘2H, Boustan-Bey changea d’avis, refusa toute espèce d’arrangement, et partit pour se rendre chez lui. Le pacha, voyant qu’il avait affaire à des gens sans parole et sans foi, et les troupes qui lui avaient été promises n’étant pas arrivées, et n’ayant qu’une simple escorte trop faible pour pouvoir soumettre Bouslan-Bcy, est parti pour Traunik, en me faisant prévenir qu’il ne pouvait plus rien et qu’il s’en remettait à Dieu.

l.lVnE XIII. — CORRESPOMtAXCE. Ô'JU

M Le '20, Roustan-Bey surprit un de nos postes du l égiTnent d’Ottochatz, et brûla le village de Neblue. I.es rapports d'hier m’annoncent qu’il marche contre le capitaine de Vakup, pour le forcer à rentrer ilans sa ligne; le capitaine de Vakup, qui ne veut pas manquer à ses engagements, et qni est peu en état de lui résister, m’en fait prévenir, afin que je mette à l’abri les terres du régiment de Licca et que je lui donne à lui-méme des secours qui vont lui devenir extrêmement nécessaires.

« Telle est la situation actuelle des choses.

« Il y a trois partis à prendre dans cette circonstance : ou rester en position comme j’y suis, ou retenir les troupes françaises et abandonner les Croates à eux-mémes, ou en imposer aux rebelles par un exemjïle.

« Premièrement, je ne puis rester dans la situation où je me trouve, car les troupes, accumulées, souffrent, et cette situation exige des frais. D’ailleurs, l'intendant général, ne faisant rien pour accroître nos revenus, quelque chose que nous ayons arrêté ensemble et quelque instantes que soient mes sollicitations pour leur exécution, il devieni très-urgent de renvoyer deux régiments en Frioul. .\insi il faut donc penser à évacuer promptement la Croatie; mais faut-il le faire sans avoir d’autres garanties de la tninquillité publique? .le ne le pense pas.

« Si piTsi|iie en prés('nce de l’arinée fi aii(;:;iise lei< Turcs viennent brûler les villages, ils le feront avec bien plus de confiance lorsqu’ils n’auront à combattre que les Croates armes en petit nombre, qui ont une étendue de pays de quarante lieues à défendre, et dont la frontière est tellement déchiquetée par les invasions des Turcs, qu’il faudrait le double de monde de ce qu’elle exige ordinairement pour être tenue aVec la même sûreté.

« Mais quel serait le résultat infaillible de ce parti? D’un ciHé, les rebelles ne mettraient plus de bornes à leur insolence et à leurs prétentions; les capitanats de Vakup et d'Ostrerezza seraient dévastés pour avoir été obéissants envers le Grand Seigneur et s’être conduits en bons voisins envers nous, et forcés probablement à se réunir à eux pour renouveler l’invasion du régiment de Licca. Tons les vagabonds et les bandits de la Bosnie, certains de l’impunité, viendraient se réunir à Roustan-Bey pour accroître ses forces, et les autres capitaines des confins, qui, jusqu’ici, ont été fidèles, auraient peut-être bien de la peine à résister aux efforts de leurs populations, qui seraient jalouses des avantages des autres, attendu que cette guerre est une guerre de propriété, et qui a pour but de procurer des champs à cultiver.

« De l’autre côté, les Croates, qui sont si satisfaits, qui attendent toutes sortes de biens du nou-

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