‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 231 sur 267 · LIVRE XIV. - CORRESPOXD.WCE. i · texte numérisé non relu

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bras, qui forment la ‘force totale des Turcs de la frontière, qui ont pris part primitivement à la rébellion, tandis qu’il y en a à peine quatre mille eu tète des cantons qui ont été tentés de résister, tant à Bihaez qu’à Czettin; que c’est à ce déploiement de forces que j’ai dù la terreur profonde qui a fait évacuer Czettin, qui pouvait se défendre longtemps, et qui se serait défendue sans cela; que je ne pouvais employer les Croates seuls, puisque alors à peine deux mille avaient reçu des armes; enfin que je ne pouvais plus retarder un seul moment la rentrée en possession de ce territoire, sous peine de renoncer aux avantages qu’il pouvait procurer aux Croates cette année, puisque nous étions arrivés à la dernière époque delà saison où il est possible d’ensemencer les terres.

« Tels sont, monsieur le duc, les motifs qui m’ont déterminé, et j’espère qu’ils paraîtront fondés à Sa Majesté. Au surplus, je n’ai éprouvé aucune espèce de perte. »

LE MARÉCIIAI. MAUMOXT A NAPOLÉON.

S Ijiybach. le 12 juillet 1810.

« Sire, je reçois la lettre que Votre Majesté m’a fait l’honneur de m’écrire le 3 juillet. Les volontés de Votre Majesté vont être exécutées.

« La défense maritime de Pola va être assurée le

iàO MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

plus promplemenl possible par une quarantaine de bouches à feu de gros calibre. J’aurai l’honneur sous peu de jours d’adresser à Votre Majesté le croquis de ces armements, et de lui annoncer d’une manière positive le jour où ils seront termines. Par aperçu, je crois que ce travail n’ira pas au delà de la fin d'août.

« J’aurai l'honneur également d’adresser à Votre Majesté un mémoire détaillé sur les fortifications

dont Püla serait susceptible du côté de terre. Plu-

sieurs officiers sont occupés en ce moment d'un travail sur cet objet.

« Si une escadre se présentait dans l’.Vdriatique, elle trouverait encore un asile assuré à Raguse. Il y a deux ans, j’y ai fait faire de très-belles batteries, qui peuvent être en vingt-quatre heures armées de soixante bouches à feu. Ainsi, soit au moyen des canons de la place, soit avec ceux de l’escadre, elle serait garantie.

« Une escadre, mais seulement de cinq à six vaisseaux, serait dans ce moment également en sûreté à Zara.

« Enfin la défense de Trieste, complétée par une ligne d’embossage, est très-respectable, et suffit, je crois, pour mettre une escadre à l’abri de tout danger.

« Quant à la défense de terre de Trieste, il me parait démontré qu’il est impossible de la rendre

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assez coniplèle pour mellre en sûreté une escadre qui s’y serait retirée. Le port de Trieste, situé au fond d'un vaste entonnoir, ne peut pas être couvert par des ouvrages, et, quelque dépense qu’on fit pour parvenir à ce but, je ne pense pas qu’on pût l'atteindre. Le fort cependant est à l’abri d’un coup de main; il pourrait être amélioré en occupant un mamelon qui se lie avec celui sur lequel il est construit. Mais ces ouvrages exigeraient deux mille hommes; ils seraient susceptibles de quelipie résis-

tance; mais ils ne couvriraient pas le port, parce qu’ils n’occuperaient que le quart à peu près de son développement, et que le reste n’est pas susceptible d’être défendu.

« Je viens de demander à la commission de marine, qui se trouve à Trieste en ce moment, un rapport pour l'exécution des volontés de Votre Majesté relativement à l'arniement d’un des vaisseaux russes qui sont à Trieste et d’une frégate. J’aurai l’honneur de lui en rendre compte.

« Les travaux que cet armement exige seraient moins difficiles si nos ressources financières avaient été réunies plus tôt; car, si les dépenses qui en résulteront doivent être facilement supportées par les provinces illyriennes, elles sont aujourd’hui audessus de leur force.

« Mais, indépendamment de cette considération, et par premier aperçu, il me parait douteux que le

vaisseau puisse être mis en étal de naviguer Irèsproniptement : 1” faute de personnel pour diriger les travaux; 2° par le défaut de mûts, qu’il faudra faire couper, façonner et transporter, tous les mâts des vaisseaux russes ayant été détruits par eux, et parle manque de tout ce qui constitue un établissement de marine militaire à Trieste.

« Quant à la frégate, je ne doute pas qu’on ne puisse en très-peu de temps la mettre en état de tenir la mer, et on va s’en occuper san^ le moindre retard. .Mais un secours qui est pressant, c’est l'envoi d’un bon ingénieur constructeur, de chefs d’ouvriers de différentes classes, et d’un commissaire de marine pour prendre l’administration et mettre de l'ordre dans les dépenses. »

l,K MARÉCHAL MAUMO.NT AU MINISTRE DE LA GUERRE

« I.nvli,ich, le 15 juillet 1810.

« Monsieur le duc, les détails que je me suis fait donner sur l’administration des mines d’Idria, dans la visite que j’y ai faite, m’ont convaincu que cette administration difiieile et compliquée ne peut être dirigée à une grande distance. La nécessité de nourrir toute la population d’une manière régulière, les soins de tous les instants, qui soumettent cette population plus qu’au même régime que ne le serait un corps de troupes, exigent que l’autorité, qui

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dispose des ressources et des moyens, soit sur les lieux. Si l’administnition de l’ordre dos Trois-Toisons veut administrer sans intermédiaire, elle échouera. Si elle donne toute espèce de pouvoirs à un administrateur qui sera sur les lieux, il faut qu’elle fasse choix d’un homme important, qui offre toutes les garanties; et, dès lors, elle doit le payer fort cher. — Mais cet homme, même bien choisi, ne pourra pas obtenir, à beaucoup près, les mêmes résultats que l'administration des provinces illyriennes, parce qu’il faut sans cesse le concours de l’autorité, et qu’elle est indispensable aux progrès et aux améliorations dont cet établissement important est susceptible.

« Je pense donc que le moyen de faire prospérer rétablissement des mines, et d’accroitrc beaucoup ses produits, serait d’en rendre l’administration an gouverneur des provinces, sauf à vereer chaque mois dans la caisse des Trois-Toisons, en argent, ou dans les mains d’un de ses agents, la quantité d’argent ou de mercure déterminée pour former la dotation de l’ordre des Trois-Toisons, qui est à sa charge.

« Si la somme de cinq cent mille francs, déterminée par Sa Majesté, restait la même, les provinces illyriennes y gagneraient beaucoup, car on peut calculer que, par la sollicitude de l’autorité d’une administration bien entendue, le produit des mines

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doit s’élever à un million, somme très-supérieure à celte que les Autrichiens en ont jamais tirée.

« Dans tous les cas, l’Empereur ferait connaitre sa volonté pour la somme à verser dans la caisse des T rois-Toisons, et, le gouvernement des provinces illyriennes dùt-il ne rien avoir, il y aurait toujours un avantage considérable pour le pays, en raison de l’acci oissement de l’industrie et des produits.

« Telles sont, monsieur le duc, les réflexions que m’ont fait naître la connaissance que j’ai prise de radministration des mines d’Idria et mon zèle pour le service de Sa Majesté. »

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