‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 240 sur 267 · LIVRE XIV. - COnRESl'ÜNDAiXCE. i · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. - COnRESl'ÜNDAiXCE. i

t'Iro rof^ardéos que comme complelant la possession (luFrioul. Si on les considérait autrement, on s’exposerait à de grands malheurs, et on pourrait donner lieu à des pertes de batailles qui pourraient compromettre Tltalic elle-même.

« Ainsi donc, envisageant les choses sous ce point de vue, il convient de garder les châteaux de Laybach et de Trieste, de s’y fortifier chaque année, moyennant une petite dépense; d’y détruire tous les bâtiments et constructions qui pourraient le mettre dans le cas d'être ju is par les obus.

« Si on a dépensé, dans quatre ou cinq ans, quehpies centaines de mille francs dans les deux fofts, ils peuvent rendre des sernees qui compensent l’argent qu’on y aura dépensé. 11 est vrai aussi qu’ils pourront n’être d’aucune utilité.

«S'il est nécessaire de faire une dépense de quel- (pies millions, ce serait dans une ou deux places (pii intercciiteraient la (Communication de la Carinthie dans le Frioul, et une bonne place sur l'isonzo, en regardant le premier de ces objets comme beaucoup plus imiiortant que le esecond.

« Les provinces illyriennes peuvent aussi être considérées comme pouvant servir dans une guerre contre les Turcs; Carlstadt serait bienbât arnuic, et Dubicza [lourrait servir à l’agression de la Bosnie. »

MÉ.MOIUES DU DUC DK RAGUSE.

u; maiiEciial marmont ai: ministre i»ks finances.

>1 Sfiilcmhrc 1810.

« Monsieur le duc, ayant appris qu’il avait été rédigé à Paris un projet d’organisation des tribunau.K pour les provinces illyriennes, dans lequel est comprise celle de la justice pour la Croatie militaire, détruisant tout le système qui y a été suivi jusqu’à ce jour, je me suis hâté d’écrire au ministre (le la justice pour lui faire connaître la consé- (juence funeste que ce changement produirait, s’il avait lieu. J’ai l’honneur d’adresser à Votre E.vcellence copie de la lettre que je lui ai écrite à cet égard. J’y ai développé les motifs puissants qui s’opposent à toute innovation dans ces régiments. Le désir de conserver à Sa Majesté, dans tonte son intégrité, et avec tous les avantages qu’elle offre pour son service, une portion aussi utile delà population de ces provinces, m’engage à présenter avec chaleur toutes les considérations qui exigent (pie l’institution, telle qu’elle est, des régiments croates subsiste sans qu’il y soit porté aucune atteinte. Les résultats heureux qu’on doit attendre de leprs services naissent de cette institution même, (jui est, j’en suis convaincu, la seule qui puisse les faire obtenir. Ce que j’ai exprimé sur la justice s’applique mieux encore à l’administration, dont

U VUE XIV. — (;OH»ESPOM),\XCE. V71I

l(Hjlo.s les parties sont parfaitement coordonnées, et qui offre toute espèce de garantie pour la régularité, l’cconornie et la prospérité de ces régiments. J’ai lieu, tous les jours, de m’en convaincre dans l'inspection que Je fais. On s’occupe d’arrêter la comptabilité, qui sera ensuite envoyée à l’intendant général, chargé, m’a-t-on dit, de rédiger un projet de décret sur l’administration derillyrie.

U Je demande, avec les plus vives instances, à Votre Excellence qu’elle veuille bien faire valoir mes observations à ce sujet, et de mettre, autant qu’il dépendra d’elle, obstacle à l’introduction d’un nouveau mode d’administration pour les régiments, pour lesquels, faute de connaitre sous tous les rapports leur véritable situation, on peut prendre des mesures préjudiciables aux intérêts de Sa Majesté.

.Accoutumé, comme je le suis, à voir Votre Excellence accueillir avec bienveillance mes observations, qui ont pour but le bien public, je lui réitère, avec confiance, l’assurance que c’est ma conviction intime, ma conscience, et mon amour pour le service de l'Empereur, qui me font mettre tant de chaleur à la conservation du système, et que ce serait un malheur public que de voir détruire un aussi bel édifice, source, je crois, de la principale richesse que renferment les provinces illyriennes. »

4^0 , MliiMOlRES DU DUC DE RAGUSE.

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